· 10 LA NOTION D'INSTINCT CHEZ L'HOMME . COURS.
· 9 LE STATUT DE LA CONSCIENCE SELON NIETZSCHE. COURS.
· 13 CROYANCES, RITES ET FÊTES DU JUDAÏSME
· NATURE HUMAINE ET CONDITION HUMAINE.
· 1 LES FONDEMENTS D'UNE DEMOCRATIE
· 10 LA FONCTION DU MYTHE
· 531 L'ART POUR L'ART OU ART ENGAGE?
· 5 LE BOUDDHISME: COMPARAISON AVEC L'HINDOUISME
· 12 MOÏSE, FONDATEUR DU JUDAÏSME
· 1 COURS DE PHILOSOPHIE: LA PHILOSOPHIE SPONTANEE.
· 289. INCONSCIENT PSYCHIQUE ET CONNAISSANCE DE SOI.
· 286. LES MANIFESTATIONS DE L'INCONSCIENT PSYCHIQUE.
· 411 LES SOURCES DE LA CONNAISSANCE HUMAINE.
· 2 COURS DE PHILOSOPHIE: LE ROLE DE LA RAISON.
· 8 LE STATUT DE LA CONSCIENCE SELON KANT ET PASCAL. COURS.
>> Toutes les rubriques <<
· 29 Cours: La nature de l'homme (15)
· 8 Les grandes religions (24)
· 36 Cours: L'Art. (14)
· 31Cours: L'inconscient. (6)
· 3 L'esprit démocratique (23)
· 2 Cours: Pourquoi la philosophie? (5)
· 7 Le phénomène religieux (16)
· 30 Cours: La morale. (11)
· 45 Extraits de textes philosophiques (15)
· 35 Cours: La politique. (22)
moi monde amour mode création dieu cadre gratuit créations actualité
Statistiques
Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
10.03.2026
5274 articles
Rubrique "Lecture philosophique de la Bible". Suite du billet N° 806.
Prochain billet demain 08 janvier (La question des valeurs)
Il nous faut revenir sur les caractéristiques du devenir de toute création. Rappelons que l’Etre de la création est un Etre contingent, qui est, mais qui aurait pu ne pas être. Il tient son Etre d’un autre Etre, en l’occurrence de l’Etre infini, source et fondement de toutes choses. L’Etre infini a choisi librement et gratuitement de partager l’Etre et la liberté attachée à l’Etre en général avec des créations et de plus, de permettre à ces créations, si elles en décident ainsi, si elles acceptent de faire alliance avec Dieu ou l’Etre infini de partager la plénitude divine. Pour ce faire, l’Etre infini doit s’incarner, se faire librement et gratuitement finitude, assumer pleinement la condition de la finitude caractéristique de toute création sans perdre pour autant sa plénitude. L’Etre infini fait ainsi émerger à l’Etre une forme nouvelle de plénitude, la plénitude sur le mode de la finitude, qu’il sera à même de partager avec les créations et les créatures.
C’est en ce sens que l’Etre infini est « Amour » puisqu’il partage gratuitement son Etre et sa liberté avec d’autres Etres, en l’occurrence avec les créations et même « Amour infini » puisqu’il partage son Etre et sa liberté en accordant aux créations une possibilité de plénitude qui lui appartient en propre, qui caractérise l’infini par excellence. De ce fait, il y a tout lieu de supposer que l’ « Amour infini » coïncide librement et gratuitement avec cet infini qu’est l’éternité, c’est-à-dire un processus sans commencement ni fin et donc que la création en général n’a pas eu de commencement et n’aura pas de fin.
De plus, ce choix libre et gratuit de l’Etre infini conduit celui-ci à bouleverser sa condition d’Etre. Son double choix de partager son Etre et sa liberté avec des créations d’une part, de partager avec celles-ci sa plénitude d’Etre d’autre part, fait émerger à l’Etre trois manifestations distinctes de sa liberté toute-puissante et dès lors l’Etre infini comme « Amour infini » se présente comme un Etre Trinitaire, Un en trois modes de transcendance ou de personnes différentes. Il demeure Un car il s’agit de trois manifestations ontologiques distinctes de la même liberté attachée à son Etre.
Le libre choix par l’Etre infini de sa condition Trinitaire bouleverse par la même occasion ce qu’aurait été sa condition d’Etre tout-puissant exclusif, c’est-à-dire d’Etre n’ayant pas fait émerger à l’Etre les créations. En effet, nous savons que l’Etre infini se manifeste par une actualité infinie transcendant une potentialité infinie. Cette potentialité infinie possède par essence la capacité de faire émerger ici et maintenant une infinité actuelle de possibles et au-delà, si l’Etre infini en décide librement ainsi, une infinité d’autres infinis possibles, engendrant ainsi son désir de lui-même et par là même la valeur et le sens attachés à son Etre.
Ces possibles ici et maintenant actualisés exprimeront chacun pour leur part le caractère infini de la potentialité d’Etre. L’Etre infini actuel exclusif se manifesterait donc par une infinité d’infinis différents eux-mêmes actuels et au-delà, supposerait l’émergence continue de nouveaux infinis actuels. Seulement, le choix libre et gratuit de faire émerger des créations et de leur faire éventuellement partager sa plénitude d’Etre change la donne ontologique. Ce double choix suppose comme nous l’avons vu que l’Etre infini s’incarne, se fasse finitude tout en conservant sa plénitude. De ce fait, émerge à l’Etre une condition ontologique nouvelle de l’Etre infini, à savoir l’Etre infini sur le mode de la finitude, mais d’une finitude ayant vocation à se dépasser sur le mode de l’infinitude, à surmonter les frontières de la finitude et à accéder à la forme nouvelle de plénitude.
De ce fait, l’actualité infinie de l’Etre infini se manifestera par une infinité de finitudes ayant vocation à se dépasser sur le mode de l’infinitude et ayant pour vocation à accéder à la nouvelle forme de plénitude, celle introduite par l’Incarnation de l’Etre infini. Ce passage de la finitude initiale à la nouvelle forme de finitude, celle qui franchit les frontières ontologiques de la finitude afin de se dépasser sur le mode de l’infinitude, s’effectuera sur le mode de la finitude, autrement en fonction d’un processus temporel fini ou déterminé.
Ainsi, l’Etre infini actuel se manifeste sur un nouveau mode ontologique. Il demeure certes un infini actuel, puisqu’il fait émerger à l’Etre une infinité actuelle de finitudes qui seront autant de créations et qui plus est le processus de création s’avère continu puisqu’il émergera sans cesse à l’Etre de nouvelles finitudes ou créations. Mais cette actualité infinie qui continue à se dépasser sans cesse se manifestera non plus par des infinis différents et déjà actualisés, mais par des finitudes ayant vocation à franchir les frontières de leur finitude et à accéder éventuellement à la plénitude d’Etre nouvelle, à la plénitude sur le mode de la finitude, ce processus ontologique s’effectuant lui-même sur le mode de la finitude.
Ainsi, l’Etre infini, source et fondement de toutes choses demeure réellement distinct de l’Etre des créations. Car chacune des créations se manifeste actuellement sur le mode de la finitude alors que l’Etre infini qui contient et enferme en son sein l’infinité des créations demeure un Etre actuellement infini. Cependant, l’Etre infini actuel ainsi considéré a renoncé librement et gratuitement à manifester son actualité infinie par la médiation d’une infinité d’infinis.
Dès lors, se manifestant par une infinité de finitudes, cela revient à dire qu’il se manifeste par une infinité de créations. En conséquence, les déterminations des finitudes en question s’avèrent communes aux créations et à l’Etre infini lui-même. Est-ce à dire que nous sombrons dans une conception panthéiste de l’Etre ? Ce serait le cas s’il n’y avait pas le maintien de deux formes distinctes d’actualité, une actualité infinie concernant l’Etre infini et une actualité finie concernant chacune des créations.
De plus, si les manifestations ou les déterminations effectives de l’Etre infini et des créations sont communes, leurs libertés respectives restent distinctes. L’Etre infini choisit librement et gratuitement et ce en permanence d’Etre « Amour » et même « Amour infini », c’est-à-dire de choisir une condition Trinitaire, de choisir de s’incarner, alors que chacune des créations possède une liberté propre, une transcendance propre, liberté et transcendance constitutives de leur Etre même.
Est-ce à dire que la liberté de l’Etre infini se réduit, si l’on peut s’exprimer ainsi à se choisir Trinitaire et à s’incarner au sein de la finitude ? Sûrement pas. Car la présence de l’Etre infini au sein de la création répond ontologiquement à un double fait incontournable : d’abord parce que toute réalité se situe nécessairement au sein de l’Etre infini ; ensuite et surtout parce que l’Etre infini s’est fait finitude et à ce titre est forcément présent au sein de cette finitude.
En quoi cette présence possède-t-elle également un mode d’action propre ? Ce mode d’action possède une finalité ontologique à savoir permettre à toute création de franchir les frontières de la finitude et à accéder éventuellement à la plénitude nouvelle issue de cet acte d’Incarnation. Mais dans le même temps, cette action devra respecter scrupuleusement la liberté et les choix des créations concernées. Nous reconnaissons là ce que nous avons appelé l’action de la Providence. Et comme nous l’avons en son temps souligné, s’il est vrai que l’action de la Providence ne peut s’exercer que dans le cadre des caractéristiques de la création, celles que son devenir a dessinées, il est vrai également que cette action peut, dans ce cadre certes étroit, exploiter les possibilités immenses que lui offre la contingence des évènements qui s’y produisent.
Toujours est-il que toute création, porteuse en son sein de l’Etre infini incarné, et qui voit à ce titre son destin et son devenir étroitement associés avec ceux de cet Etre infini incarné, connaîtra donc un libre processus de développement qui sera celui-là même de sa liberté, c’est-à-dire de son Etre même, développement qui permettra à la création concernée de passer de son essence initiale la conduisant à se dépasser le mode de la seule finitude au dépassement sur le mode de l’infinitude, stade à l’issue duquel le choix ontologique fondamental entre la plénitude promise et la finitude repliée sur elle-même pourra enfin s’effectuer.
Bien entendu, le monde de la plénitude se manifestera lui-même par la médiation de finitudes successives conformément à la condition de l’Etre infini incarné mais sur le mode de la nouvelle plénitude ontologiquement introduite précisément par l’Etre infini incarné. Nous y reviendrons.
A. Mendiri