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2 COURS DE PHILOSOPHIE: LE ROLE DE LA RAISON.

Publié le 06/02/2012 à 16:58 par cafenetphilosophie Tags : livre société dieu mort nature roman homme pensée vie monde littérature

     Ce billet fait suite à celui consacré à la "philosophie spontanée":

  

  Nous comprenons un peu mieux en quoi consiste la philosophie. L'étymologie d'une part, ses origines historiques d'autre part vont en préciser le sens. Philosophie signifie étymologiquement "amour ou quête (philo) de la sagesse (sophia)". Traditionnellement, la sagesse est un ensemble de savoirs, souvent réputés être détenus par des anciens ou par les générations précédentes, ceux qui ont l'expérience de la vie et qui a pour objet de nous guider dans notre existence, de savoir comment nous comporter afin de l'assumer de la meilleure manière et de nous apporter le plus de satisfactions possibles. Toutes les civilisations ont élaboré des sagesses ainsi comprises, souvent inspirées, pour l'essentiel, des croyances religieuses dominantes. C'est le cas par exemple de la sagesse hindoue, inspirée par la religion dominante et reposant sur les "Védas", livre sacré.

  Or, la philosophie est traditionnellement considérée comme étant l'invention des grecs du V° siècle avJC. Cette civilisation aurait inventé la philosophie comme elle aurait inventé la démocratie et les mathématiques. Cette affirmation peut étonner alors même que nous savons bien qu'il existe des sagesses antérieures très riches, au même titre que la plupart des civilisations antérieures aux grecs du V° siècle possédaient des connaissances mathématiques comme peuvent en témoigner leurs réalisations architecturales souvent remarquables ou bien encore leurs connaissances cosmologiques leur permettant de dresser des cartes du ciel ou d'élaborer des calendriers.

   D'où vient alors cet honneur réservé aux grecs de cette époque? Ils ont inventé les mathématiques dans la mesure où une proposition est considérée comme telle si elle peut faire l'objet d'une démonstration. Les Grecs ont inventé la démonstration. Jusque là, les connaissances mathématiques avaient pour sources l'expérience, l'observation, bref étaient à ce titre de nature empirique.

  Il en va de même à propos de la philosophie. La sagesse élaborée ne repose plus sur la tradition, sur des croyances religieuses, sur l'expérience de la vie, mais sur une réflexion exclusivement rationnelle. Est-ce à dire que la raison nous délivre un savoir en la matière ou simplement des croyances rationnelles? Les conclusions ont été variées sur ce point. Mais ce qui demeure commun à tous les philosophes, qu'ils fassent confiance à la raison afin de parvenir à élaborer une sagesse ou bien qu'ils critiquent ses possibilités ou la remettent radicalement en cause, tous l'utilisent afin de parvenir à leurs conclusions.

  Cependant, au cours de cette démarche, tous se sentent profondément concernés par la recherche d'une forme de vérité. Leur démarche n'est pas qu'intellectuelle. Elle est mue par une grande passion. Tous utilisent la raison dans leur "quête", même lorsqu'ils en contestent leur validité en vue de parvenir à des conclusions. C'est en ce sens que la philosophie a pu être définie comme un "amour ou une quête " de la sagesse, entendue comme une démarche guidée par la raison et alimentée par une grande passion en vue de tenter de dévoiler le sens de l'aventure humaine et au-delà, de la réalité dans laquelle elle se voit insérée.

   On comprend dès lors l'originalité du discours philosophique. Ce dernier se donne pour fonction d'expliciter et de justifier ces fameux principes premiers, ces racines, ces fondements qui conduisent à ordonner toutes nos conclusions dans quelque domaine que ce soit, à leur donner cohérence et rigueur, à les relier entre elles, à leur donner ainsi  un caractère systématique. A ce titre, la philosophie se distingue de la simple littérature, y compris celle qui s'engage, qui exprime des convictions religieuses, politiques, morales etc. à l'occasion d'un roman, d'une pièce de théâtre, d'une autobiographie, d'un récit historique etc. car l'ensemble des idées émises au fil des pages ne revêtent pas ce caractère systématique, ordonné et exclusif de toute autre considération, notamment esthétiques ou romanesques. La philosophie qui y est contenue doit être explicitée, synthétisée, mise en perspective.

   A plus forte raison, la philosophie ainsi définie se distingue-t-elle des simples opinions héritées de notre éducation ou expérience personnelle, de ce que nous avons appelé la philosophie spontanée. Kant qualifiait à juste titre cette dernière de "philodoxie", c'est-à-dire d'ami (philo) de l'opinion (doxa). Car il n'y a pas de philosophie véritable sans une réflexion menée sur les fondements de nos opinions et conduite par la raison. Nos opinions ne sont plus alors considérées comme telles mais comme une forme de savoir, contestable certes, mais néanmoins un savoir si nous entendons par là des affirmations dont nous connaissons les justifications ultimes ou les fondements ainsi que la cohérence de leurs énoncés dans la diversité des domaines sur lesquels nous nous prononçons.

  Au XVIII° siècle, Kant a proposé de regrouper les questions philosophiques, autour de trois pôles: Que puis-savoir? Que dois-je faire? Que m'est-il permis d'espérer? Il ajoutait que ces trois questions essentielles pouvaient elles-mêmes se résumer par celle-ci: Qu'est-ce que l'homme?

    Que puis-je savoir? Autrement dit, quelles sont les capacités de la pensée humaine en vue de répondre aux questions qu'elle se pose sur les mystères de la nature et en particulier sur les possibilités et les limites de la science, sur le sens de la destinée humaine, notamment la mort, sur l'existence ou non d'un ou de plusieurs dieux, sur les origines de l'univers, des organismes vivants, sur la nature de l'esprit etc.

  Que dois-je faire? Il s'agit ici de toutes les questions relatives au bonheur individuel, aux valeurs morales, aux objectifs politiques, aux problèmes de société comme le clonage, l'euthanasie, l'homoparentalité, la peine de mort, l'utilisation des techniques nouvelles par exemple l'énergie nucléaire ou les OGM etc.

  Que m'est-il permis d'espérer? Cette question est relative au sens de l 'existence.  Que peut-on en attendre? Les valeurs morales les plus hautes, la beauté, les plaisirs sensibles, les joies de la connaissance, le bonheur d'aimer et d'ête aimé et reconnu etc., tout cela renvoie-t-il à un sens qui nous dépasse, à une transcendance, à une espérance fondée que tout mal, c'est-à-dire tout ce qui détruit ces sources  sens est appelé à être surmonté, la mort en particulier? Ou bientout cela est-il éphémère, sans réelle signification au-delà de la sphère humaine, le mal ayant toujours le dernier mot et nos préoccupations, nos raisons de vivre étant dérisoires au regard du vaste monde au sein duquel elles s'inscrivent?

  Ces dernières questions touchent donc à des préoccupations religieuses. Mais la démarche philosophique, dans son souci d'élaborer son discours en ayant recours à la raison et non à la foi ou à des croyances quelconques, qu'elle qu'en soit la nature, fût-ce la croyance en l'incroyance comme le dit Nietzsche, reprend  de telles questions mais à sa manière. Il s'agit alors de ce qu'on a coutume de désigner comme étant les questions métaphysiques. Ces questions sont les plus radicales, celles qui vont le plus loin dans le questionnement, qui soulèvent le problème du "pourquoi", de la raison d'être de toutes choses, de leur nature intime, de leur valeur, de leur sens relativement à l'aventure humaine. A cet égard, tout questionnement philosophique qui va jusqu'au bout de son entreprise, qui ne s'arrête pas en chemin, aboutit forcément aux questions métaphysiques.

   Gusdorf, philosophe français du XX°siècle, définit ainsi le questionnement métaphysique: " Chaque fois qu'on interprète la nature de l'homme et son destin, chaque fois qu'on émet une hypothèse sur la réalité de l'univers, chaque fois que l'on parie  pour Dieu ou contre lui, on extrapole, on se prononce sur les fins dernières de l'homme. On donne un sens à , en posant la question du "pourquoi" et non plus celle du "comment. Il ne semble pas que cette question puisse jamais être dépassée..."

  Remarquons qu'à l'origine, le terme de "métaphysique" est né de circonstances anecdotiques. Aristote, philosophe du V°-IV° siècles avant JC, après avoir remis à son éditeur des études sur la nature, sur la "phusis" en grec, lui avait confié  les réflexions proprement philosophiques soulevées par cette dernière et portant sur les raisons d'être de cette "phusis". En conséquence, l'édteur dénomma ces dernières considérations comme ce qui vient "après la phusis", comme "métaphusis" ou métaphysique. La tradition conserva ce terme pour signifier toute démarche philosophique s'interrogeant sur les raisons  de toutes choses, sur leur existence ou non d'abord et s'il y a lieu, sur leur nature.