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13.03.2026
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Rubrique "Lecture philosophique de la Bible". Suite du N°735.
¨Prochain billet demain 28 octobre (La question des valeurs).
L’Incarnation de l’Etre infini au sein de la finitude afin que celle-ci puisse s’arracher à cette seule condition de finitude et hériter du dépassement sur le mode de l’infinitude et enfin accéder librement et donc éventuellement à la plénitude ontologique nouvelle ainsi émergée à l’Etre, ne concerne pas seulement l’humanité perdue au fin fond de l’univers et survenue voici 2000 ans au sein de l’éternité.
Rappelons les raisons ontologiques de cette affirmation. Notre création n’est pas la seule création existante ou envisageable. La science cosmologique contemporaine elle-même envisage l’existence, à côté de notre Univers, celui au sein duquel nous sommes immergés et que nous sommes à même d’observer, d’autres Univers sans doute différents du nôtre et peut-être même une infinité d’Univers différents. C’est pour cela que dans les milieux de la cosmologie est apparu un nouveau concept, celui de « multivers », par opposition à l’idée d’Univers unique, étant entendu qu’il s’agit à ce jour d’une hypothèse purement théorique.
Ajoutons que dans le cadre de nos analyses ontologiques, non seulement l’idée de « multivers » ne semble pas faire question, mais qui plus est cette infinité d’Univers n’est pas figée dans son éternité éventuelle mais croît sans cesse, une infinité d’Univers ayant précédé celle existant ici et maintenant et une infinité d’Univers nouveaux s’apprêtant à advenir à l’Etre dans les temps qui viennent. Mieux, nous devrions, afin d’être plus rigoureux, utiliser l’expression d’une infinité d’infinités d’Univers du passé, du présent, de l’avenir, plutôt que celle, si l’on peut dire, d’une simple infinité d’Univers. Cette efflorescence sans fin et inimaginable d’Univers et de nouveaux Univers exprime et témoigne du libre choix de l’Etre infini de se dépasser vers des niveaux toujours plus élevés de plénitude, engendrant par là même le désir de son Etre et la valeur de l’Etre qui en découle et donnant à ce processus de dépassement un sens ou une raison d’Etre à l’Etre. Comme on peut le constater, les horizons constitués par l’infinité des mondes imaginée au XVI° siècle par Giordano Bruno et qui lui a valu une fin tragique est très modeste au regard de ceux que la présente analyse annonce et prévoit.
Ces perspectives semblent d’autant plus hallucinantes qu’au sein de chacun de l’infinité infinie croissante des Univers, émerge vraisemblablement une multiplicité d’êtres différents susceptibles de chercher, de connaître, d’accueillir l’Etre infini incarné et ce, à l’issue de processus évolutifs contingents et infiniment diversifiés. Dès lors, nous mesurons l’extrême modestie de la présence de l’humanité à la fois dans l’espace et le temps.
Il serait donc tout à fait illégitime et même incongru de supposer que seule l’humanité, depuis toute éternité et pour le restant de l’éternité, a eu le privilège de bénéficier de l’acte d’Incarnation de l’Etre infini. Car cet acte d’Incarnation, par essence, par définition, n’a rien d’abstrait, de général, témoignage d’une universalité sans contenu déterminé. C’est d’abord une exigence découlant du choix libre et gratuit de l’Etre infini d’accorder à la création, à toute création, la possibilité de se dépasser sur le mode de l’infinitude et d’accéder éventuellement à la plénitude ontologique nouvelle résultant de cet acte d’Incarnation. Mais cette exigence suppose qu’elle épouse les destins librement choisis par chacune de ces créations, et qu’elle revête des déterminations singulières pour chacune d’entre elles.
Comme nous l’avons déjà établi, cette infinité infinie, croissante qui plus est, de visages différents de l’Etre infini incarné, ne remet nullement en cause l’unicité de l’Etre infini qui s’incarne. Chacune de ses incarnations n’est jamais que l’une des facettes innombrables, illimitées, de son infinie et indéterminée potentialité d’émergence à l’Etre. De plus, chacune de ces Incarnations particulières et uniques, verra la forme qu’elle prend respecter de manière absolue la liberté, le libre destin, l’ordre propre à chacune des créations concernées.
Bref, proclamer comme nous le faisons l’infinité infinie et croissante des actes d’incarnation de l’Etre infini ne revient pas à proclamer que la figure du Christ telle que nous la présente les Evangiles est universelle et appelée à se reproduire à l’identique au sein de l’immensité inimaginable de l’Etre, de la réalité sans borne dans l’espace et le temps. Cela relèverait d’une crédulité sans nom et confinerait à l’absurde. En d’autres termes, l’Etre infini incarné n’est pas voué à ressembler à un homme, à surgir à un moment précis du développement de l’histoire des êtres concernés, et à mourir sur une croix. Il s’agit là des circonstances particulières, uniques en leur genre et, de surcroît, radicalement contingentes, de l’histoire de l’Incarnation de l’Etre infini au sein de l’humanité.
En revanche, ce qui nous apparaît comme devant être commun à toutes les créations, ce sont les aspects suivants de l’acte d’Incarnation : cet acte d’Incarnation se manifestera à un moment ou un autre lorsque les temps seront mûrs ou propices ; cet acte d’Incarnation ne pourra s’effectuer qu’avec l’aval de la création concernée et selon des modalités propres à cette création ; cet acte d’Incarnation respectera intégralement l’ordre propre à cette création tout en exigeant une intervention libre et gratuite de l’Etre infini afin de la rendre possible (ce qui exclut, pour notre humanité, une virginité d’ordre humain concernant Marie mais exige une virginité spirituelle ou ontologique, en tant que médiatrice libre et obligée du surgissement de l’Infini incarné) ; enfin, et nous le préciserons très bientôt, l’acte d’Incarnation entraînera des conséquences ontologiques qui sont la raison d’être même de cet acte et engendrera des manifestations qui seront des témoignages de la nature divine de l’Infini Incarné.
Mais il y a plus. Intéressons-nous à la figure du Christ puisque c’est elle qui concerne directement l’acte d’Incarnation de l’Etre infini au sein de l’humanité. Non seulement cet acte d’Incarnation suppose la libre acceptation de l’humanité par la médiation de Marie (étant entendu que le fait que Marie soit cette médiatrice est contingent et que rien n’exclut dans l’absolu que d’autres femmes aient été sollicité par le passé mais n’aient pas donné suite à cet appel divin ou de l’Esprit), mais l’acte d’Incarnation suppose également la libre et gratuite adhésion de l’homme destiné à assumer cette responsabilité ontologique, Jésus de Nazareth en l’occurrence.
Expliquons-nous sur ce dernier point. L’Etre infini incarné est à la fois homme et Dieu, entièrement homme et entièrement Dieu. Mais cette réalité unique en son genre au sein de notre création ou peut-être de manière plus restrictive au sein de notre humanité, suppose, à l’image de toute réalité, une genèse, une libre genèse, un libre passage de la potentialité infinie et indéterminée à l’actualité. En d’autres termes, l’enfant-Dieu n’était l’Etre infini incarné que de manière potentielle. Fallait-il encore que cet enfant d’abord, cet être adulte ensuite, puissent prendre conscience de ce destin exceptionnel, accepte de l’assumer, ce qui suppose une extrême difficulté tant ce destin apparaît invraisemblable humainement parlant et un acte de foi total en la parole divine qui résonne en lui, acte de foi au moins comparable à celui de Marie, la mère de sa dimension divine, et à celui plus lointain d’Abraham, le père de tous les croyants.
Autrement dit, c’est progressivement que Jésus de Nazareth prendra conscience de sa vocation et sera amené à l’assumer, cette acceptation ne relevant pas d’un simple phénomène psychologique, spirituel ou moral mais conduisant à actualiser ontologiquement les promesses qu’il portait en lui mais qui lui appartenait de faire siennes, ce qui, encore une fois, relevait d’un acte de foi un peu fou et donc de la gratuité la plus totale.
Il nous faudra donc examiner les conséquences ontologiques de cet acte d’Incarnation. Cela fera l’objet de nos prochaines analyses.
A. Mendiri