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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
13.03.2026
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Rubrique "Lecture philosophique de la Bible". Suite du billet N° 664.
Prochain billet demain Jeudi 18 juillet (Morale et politique).
L’Etre infini, source et fondement de toutes choses, ce, en-dehors de quoi rien ne saurait être ni être conçu, peut librement et gratuitement faire surgir à l’Etre un Etre distinct de lui, qui n’existe que par lui et que nous désignons ordinairement par le terme de création. Non seulement il peut faire émerger à l’Etre la création mais il peut également tout aussi librement et gratuitement accorder à cette création la plénitude qu’il possède en propre.
Ce double choix ontologique conduit l’Etre infini à se choisir sur un mode Trinitaire. Comme tel, il accepte de partager sa liberté infinie avec la liberté de la création et de s’incarner, de se faire création ou finitude, manifestant ainsi son infinitude et sa plénitude sur le mode de la finitude et permettant à la liberté de la création d’accéder, si elle le veut, à ce nouveau mode de plénitude offert par l’Etre infini. Par ce double choix ontologique, l’Etre infini partage avec la création une communauté de destin, un projet commun, à savoir celui consistant à faire émerger à l’Etre une efflorescence de plénitudes nouvelles, celles-là même autorisées par l’Incarnation de l’Etre infini, cette efflorescence correspondant aux libres choix éventuels de l’infinité croissante des créations.
Il y a en effet une infinité de créations d’abord ici et maintenant. Car nous savons que l’Etre infini se manifeste initialement, dans le cadre de son Etre exclusif par une infinité d’infinis différents, et chacun de ces infinis par des déterminations finies, par une infinité de déterminations ainsi conçues. De plus, l’Etre infini ou l’Etre de plénitude peut choisir de se dépasser sans cesse vers des niveaux toujours plus élevés de plénitude, engendrant ainsi le désir de lui-même et donc assignant à son Etre une valeur, ces dépassements sans fin donnant à cette valeur un sens, une raison d’être. Mais un tel processus d’accession à des niveaux toujours plus élevés de plénitude conduit à l’émergence incessante de nouveaux infinis, ou plus précisément de nouvelles infinités d’infinis.
Or, nous savons que ce sont ces déterminations particulières, ces finitudes particulières constitutives des infinis particuliers en question qui deviennent des créations. De ce fait, nous pouvons dire qu’il y a bien une infinité de créations possibles et même une infinité toujours croissante de créations nouvelles. L’Etre Trinitaire, condition librement choisie par l’Etre infini, conduit à un processus de création continue.
Ces créations partagent donc la liberté de l’Etre infini et sont étroitement associées, indissociablement associées au projet divin, qu’elles l’acceptent, le refusent ou l’ignorent. A ce titre, nous savons que l’Etre infini Trinitaire et l’infinité des créations partagent les mêmes déterminations. Cela ne signifie pas que l’Etre infini et l’Etre des créations soient désormais indistincts, car ce qui constitue leurs Etres respectifs ce sont leurs modes respectifs de liberté, la liberté de l’Etre infini étant une liberté sur le mode de l’infinitude et la liberté des créations une liberté sur le mode de la finitude.
Cependant, cette communauté de destin entre l’Etre infini et l’Etre de la création suppose que la création hérite de la possibilité de dépasser sur le mode de l’infinitude et non plus sur le mode de la finitude, sur le mode de son essence propre, l’infinie potentialité que chaque création enferme en son sein. Ce passage du dépassement sur le mode de la finitude au dépassement sur le mode de l’infinitude supposera une genèse conduisant tout Etre de la création à donner librement un visage particulier à un tel passage ontologique.
Ainsi, c’est la totalité de chacune des créations qui est appelée à connaître une telle genèse. Il nous faudra préciser en quoi consisteront cette genèse et son aboutissement. Car bien entendu, cette genèse s’effectuera sur le mode propre à la création et par conséquent sur le mode de la finitude. Elle aura un commencement et une fin. Si nous disons que la totalité de chaque création est appelée à une telle genèse c’est dans la mesure où toute création, toute finitude est constituée effectivement par une multiplicité finie ou limitée de déterminations ou d’êtres distincts. En-dehors de ces déterminations actuelles, la création ne serait rien ou une simple indétermination ou mieux une simple potentialité indéterminée.
Ces constats conduisent à des conclusions ontologiques d’une grande importance. Tout être constitutif d’une création enferme et exprime à sa façon un certain nombre de possibilités que cet être a fait émerger à l’Etre par sa libre action. Bien entendu la capacité d’un être particulier à faire émerger à l’Etre des possibilités nouvelles est inférieure à la capacité de la création dans sa totalité ou son unité à faire de même. La partie ne saurait être égale au tout. En d’autres termes, la finitude propre à un être particulier constitutif d’une création est infiniment plus limitée que la finitude de l’ensemble. De ce fait, un être particulier ne saurait connaître le passage du dépassement sur le mode de la finitude au dépassement sur le mode de l’infinitude dans le cadre de son existence limitée au sein d’une création donnée.
Or, ces êtres particuliers, manifestations effectives d’une création, sont les héritiers et les bénéficiaires en tant que tels de cette possibilité ontologique offerte librement et gratuitement à cette création. En conséquence, ces êtres particuliers devront pouvoir prolonger cette genèse au sein d’une autre finitude, dépassement dans la conservation de la finitude précédente. Le même raisonnement conduit à faire l’hypothèse ontologique d’une troisième finitude, dépassement de la seconde pour les mêmes raisons et ainsi de suite jusqu’à que la totalité des êtres particuliers concernés aient achevé le processus de cette genèse du passage du dépassement comme finitude au dépassement comme infinitude.
Dès lors, si ces analyses sont pertinentes, cela signifie qu’ici et maintenant notre création ou si l’on préfère notre univers particulier est en train de se dépasser dans la conservation au sein d’un autre monde et ainsi de suite jusqu’à temps que la genèse en question soit achevée. Bien entendu ce dépassement s’effectue selon des modes d’être impensables, car n’oublions jamais que l’inconnu et donc l’avenir demeurent ontologiquement impensables dans leurs particularités propres.
Tentons dans l’immédiat de donner un contenu plus parlant, moins abstrait, à de telles considérations. Ou plus précisément, établissons un lien entre celles-ci et les données de la Révélation Biblique. Nous savons que cette révélation évoque mythiquement l’idée d’une « fin des temps » et d’un « Jugement dernier ». Il est tout à fait rationnel de considérer que cette fin des temps intervient lorsqu’une création donnée a librement acquis cette capacité de dépassement sur le mode de l’infinitude. Arrivée au terme de ce processus, il lui faut choisir entre ce dépassement comme infinitude sur le mode de la plénitude divine nouvelle permise par l’incarnation de l’Etre infini et le dépassement comme infinitude sur le mode de la seule finitude librement coupée de ce projet divin. Ce choix ontologique fondamental traduit en termes rationnels le mythe du Jugement dernier.
Remarquons que le processus ontologique décrit permet d’éclairer cet espace de temps à vrai dire aussi peu clair que possible dans le cadre de la théologie traditionnelle et qui est celui qui sépare la mort ou la finitude particulière d’un être donné et la fin des temps ou passage vers deux conditions ontologiques radicalement différentes, celle de la plénitude promise ou de l’absence de plénitude. Car « la fin des temps » n’est jamais que la fin de la genèse du passage du dépassement sur le mode de la finitude au dépassement sur le mode de l’infinitude. Il nous faudra revenir sur ces dernières conclusions.
A. Mendiri