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1597 LA SOURCE DE LA VIE QUI NE SE CONSUME PAS.

Publié le 28/02/2016 à 05:49 par cafenetphilosophie Tags : image vie moi roman chez mer mort mode création dieu nature livre gratuit

 

 

 

Rubrique "Libres commentaires liturgiques".

 

Prochain billet demain lundi 29 février.

 

 

 

 

 

 

TEXTES :

 

Livre de l’Exode  (Ex 3, 1-8a.10.13-15)

 

En ces jours-là,     Moïse était berger du troupeau de son  beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb.     L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait
sans se consumer.    Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »     Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »     Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! »
    Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.
    Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances.
    Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays,
vers un pays, ruisselant de lait et de miel.     Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »     Moïse répondit à Dieu :
« J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai :
‘Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.’ Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? »
    Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis.
Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : Je-suis’. »     Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est Le Seigneur le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob’.
C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

 


Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens(1 Co 10, 1-6.10-12)

 

 

 

   Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée,  et que tous ont passé à travers la mer.     Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la  mer ;  tous, ils ont mangé la même nourriture   spirituelle ;     tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ.     Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert.     Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là.     Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés.     Ce qui leur  est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps.     Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

 


 Evangile selon saint Luc(Lc 13, 1-9)

 

 

 

  Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.     Jésus leur répondit :
« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?     Eh bien, je vous dis : pas du tout !
Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.     Et ces dix-huit personne tuées par la chute de la  tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables
que tous les autres habitants de Jérusalem ?     Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »     Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.     Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier  et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’    Mais le vigneron lui répondit : ‘Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.     Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ »

 

 

COMMENTAIRES :

 

 

 

« Le buisson brûlait sans se consumer…« Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob… quel est son nom ?... Je-suis »  (Livre de l’Exode) ;  tous, ils ont mangé la même nourriture  spirituelle …Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu (St Paul) ; « ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?...    pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même…Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n’en trouve pas. Coupe- le… Maître, laisse-le … le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.     Peut-être donnera-t-il du fruit à  l’avenir… (St Luc)

 

 

 

   Comme toujours, les messages qui se dégagent de ces différents extraits sont convergents. De quoi s’agit-il ? L’idée centrale fait état « d’une vie qui ne se consume pas ». Cette vie ne relève évidemment pas de celle que nous connaissons ou si l’on préfère celle qui caractérise la finitude. Cette vie qui ne se consume pas, qui ne se dégrade pas au fil du temps,  qui est appelée à demeurer sans jamais avoir de terme, c’est la vie même de Dieu, selon la révélation mystique faite à Moïse. Cette vie divine renvoie à ce qui est, qui a toujours été, qui est appelée à être telle qu’elle est indéfiniment, sans limite, sans horizon, sans imperfection ou dégradation, toutes choses qui définissent la condition de la finitude. C’est pour cela que Dieu ou « YHWH » se présente comme celui qui est, comme l’Etre par excellence, ce qui est vraiment au-delà des apparences. Telle est la signification du « Je suis » sans autre précision. Ce « Je suis » est la source et le fondement de tout ce qui est, il est l’Etre par excellence, sans limite aucune ni dans le présent, ni dans le passé, ni dans le futur. Il est l’Etre sans limite, autrement dit l’Etre infini.

 

 

 

     Cet Etre infini, ce « Je suis » que des traductions semble-t-il plus affinées traduisent par « je suis celui qui est en train de devenir ce qu’il est », renvoie à ce que nous appelons communément Dieu. Il est l’existant par excellence, il est celui sans quoi il n’y aurait rien. Comprise sous cet angle, la question de l’existence ou non de Dieu devient presque une question dépourvue de sens, tant l’existence, l’Etre, constituent des évidences que la raison ne saurait sans sombrer dans sa négation, nier. Certes, cette question est plus compliquée puisque après tout, les négateurs de ce fondement ultime refuse qu’il soit la source d’un sens, d’une raison d’être, de ce que nous appelons prosaïquement une intelligence. Pour ses contempteurs ce fondement est absurde, dépourvu de raison. Même si ce n’est pas l’objet de ce billet, il est bon de rappeler que ce raisonnement ne rend pas compte de l’origine de tous les possibles, notamment ceux auxquels nous attribuons un sens. La présence d’un sens partiel relève de l’inexpliqué, quasiment de la magie consistant à tirer un lapin d’un chapeau n’en contenant pas de manière masquée.

 

 

 

   Cependant, ce « Dieu » sans nom précis, autre que le fait qu’il est « ce qui est », renvoie à une réalité à la fois lointaine et très proche. Que cette réalité soit lointaine signifie qu’elle dépasse notre entendement. Un être de finitude ne saurait comprendre ou se représenter ce qu’est un Etre infini, sans limite. Un être conscient peut en prendre conscience, dévoiler sa présence, le concevoir mais non se le représenter et en dire quelque chose de précis et de déterminé. La théologie ou le savoir sur Dieu est nécessairement une théologie négative, une théologie qui qui dit ce que Dieu n’est pas, autrement dit finitude.

 

 

 

   Mais ce Dieu est en même temps un Dieu de proximité. Car toutes les créatures sont inscrites en son sein et donc portent en elles sa présence. Chaque créature se dévoile cette présence selon son mode d’être particulier et fini, autrement dit à l’image de ce mode d’être particulier. Les êtres conscients que nous sommes se dévoilent en pleine lumière, de manière consciente cette présence et ce, selon les modalités de leurs capacités spécifiques façonnées par des millions d’années d’évolution aléatoires et façonnées, exploitées par une culture, une époque, et à l’intérieur de cette culture par des individus uniques à l’histoire personnelle unique. C’est en ce sens que ce Dieu là est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob.

 

 

 

   Mais il est une autre raison qui rend compte que ce Dieu est un Dieu de proximité. Cette raison est dévoilée notamment par les Evangiles. Librement et gratuitement ce Dieu a voulu proposer une Alliance à la création. Si les créatures se dévoilent cette Alliance, lui accordent crédit, font en sorte de vivre à son « image », c’est-à-dire selon l’Amour-agapè, l’amour gratuit, sans contrepartie, alors ces créatures pourront partager sa nature même, sa plénitude d’existence, non la plénitude initiale, inaccessible, mais la nouvelle forme de plénitude introduite par la libre et gratuite Incarnation de Dieu au sein de la finitude, c’est-à-dire la plénitude sur le mode de la finitude.

 

 

 

 Nous comprenons dès lors les fortes paroles de St Paul et du Christ dans ce passage des Evangiles. La mort n’est pas une fatalité ontologique. Certes, tous les hommes, toutes les créatures, sont appelées à mourir. Cela n’est pas, comme on a parfois tendance à le dire, pour des raisons morales, pour des fautes commises ou supposées avoir été commises. C’est tout simplement la nécessité inscrite dans l’essence même de la finitude. La mort est une nécessité non pas morale mais ontologique.

 

 

 

  Mais si la finitude est appelée à se dépasser, à surmonter ses étroites et apparemment inéluctables frontières, alors la mort ne sera qu’un passage vers une vie nouvelle, une vie sans terme, à condition que les créatures en question aient librement revêtu l’habit de l’Amour-agapè, bref aient choisi la voie ontologique autorisant le partage de la plénitude divine. Sinon, nous demeurerons étrangers à cette vie divine comme le dit St Paul et nous connaîtrons cette « mort spirituelle » dont il parle par ailleurs c‘est-à-dire une vie qui se prolonge certes mais sans en avoir conscience, enfermée à nouveau au sein des affres d’une nouvelle finitude que nous considèrerons à nouveau comme étant la première et avec des horizons limités et insurmontables. L’absurde à nouveau fera du sens la source de l’illusion par excellence.

A. Mendiri