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· 10 LA FONCTION DU MYTHE
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· 1 COURS DE PHILOSOPHIE: LA PHILOSOPHIE SPONTANEE.
· 289. INCONSCIENT PSYCHIQUE ET CONNAISSANCE DE SOI.
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15.02.2026
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Rubrique "Libres commentaires liturgiques, Année III". Suite du billet N°4010.
Extrait de Commentaires philosophiques des Textes de La Liturgie catholique , Année III, A.Mendiri, Amazon
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Carême
TEXTES :
Livre de Josué(Jos 5, 9a.10-12)
En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte. » Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.
Deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens(2 Co 5, 17-21)
Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
Évangile selon saint Luc(Lc 15, 1-3.11-32)
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer. Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
COMMENTAIRE :
« Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte. » (Josué) ; « si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » (St Paul) ; « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (St Luc).
Inlassablement, les textes du Nouveau Testament, à savoir les Épîtres de Paul et les Evangiles, rappellent que la création et en premier les créatures qui sont à même de prendre conscience de la promesse ou de la bonne nouvelle divine, sont appelés à participer à un monde nouveau. Le bon sens et la raison nous indiquent, lorsqu’ils sont repliés sur leurs seules exigences, pratiques ou empiriques pour le premier, réflexives et théoriques pour la seconde, que la réalité que nous appréhendons appartient au monde de la finitude et qu’à ce titre, de manière nécessaire, par nature, par essence, toute créature est destinée à connaître un terme et à retourner à une absence d’existence qui était, si l’on peut s’exprimer ainsi, notre condition avant notre naissance et ce, sans espoir de retour et donc de manière définitive.
En d’autres termes cette sagesse apparente du bon sens et de la raison, assise sur des apparentes évidences, exclut tout retour à la vie sous une forme ou une autre. Elle exclut par exemple l’hypothèse d’un « retour éternel » du même que semblait soutenir la philosophie stoïcienne. Elle exclut toute possibilité de « réincarnation » d’une âme, de notre âme, autrement dit de ce qui signerait l’identité de notre être à travers tous les changements, au sein d’un autre corps. Rappelons que ces deux hypothèses métaphysiques s’inscrivent dans des conceptions du monde où le temps est considéré comme cyclique, où le monde passe par des phases successives identiques ou similaires, à l’image de la succession des saisons naturelles et où en conséquence ce monde est marqué par une forme de finitude puisque les possibles qui émergent à l’Être semblent limités, semblent se heurter au mur d’une finitude qui dépasse la nôtre certes mais sans pour autant dépasser in fine toute forme de finitude.
Bien entendu, nous ignorons tout de la possibilité de ces deux éventualités d’ordre ontologique, au même titre que nous ignorons tout du processus ontologique que nous enseignent avec une certitude complaisante et infondée du point de vue de nos possibilités de connaissance, le bon sens et la raison. La véritable sagesse commanderait que nous laissions ouvertes toutes les hypothèses ontologiques, celles que nous imaginons sans compter celles qui échappent à notre imagination. Car ces hypothèses concernent l’avenir et celui-ci est une page blanche, est un domaine impossible à imaginer, au même titre que l’homme de Lascaux ne pouvait imaginer les caractéristiques du XXI° siècle au sein même de notre monde aux frontières étroites et au premier abord pourtant familières.
Toujours est-il que les textes bibliques introduisent une nouvelle hypothèse ontologique, fondamentalement différente de celles précédemment évoquées. Cette hypothèse suppose que le temps est non pas cyclique mais linéaire et qu’à ce titre il apporte toujours du nouveau sans jamais revenir en arrière ou au même point. Le passé comme l’avenir sont infinis. Le temps n’a ni commencement ni fin, comme d’ailleurs dans les deux cas précédents, mais cette continuité temporelle fait surgir en permanence des possibilités nouvelles, des mondes nouveaux.
Certes, cela ne pourrait concerner que la réalité prise dans sa totalité, autrement dit la réalité que nous avons coutume de désigner comme étant la réalité divine, et non celle des pauvres créatures que nous sommes. Or, précisément, les textes bibliques nous disent que nous sommes destinés à partager cette condition divine, que nous sommes appelés à connaître des mondes nouveaux. Ce n’est ni le bon sens, ni la raison qui nous l’enseignent mais la foi, c’est-à-dire cette expérience intérieure de l’ordre de l’intuition ou de la connaissance immédiate, que l’on a coutume de désigner par le nom d’Esprit, et qui nous dévoilerait la présence en nous de la transcendance et de la teneur de ce message, de cette bonne nouvelle.
Déjà, de manière symbolique, les juifs considéraient que le pays de Canaan promis par Dieu constituait un monde nouveau par rapport à la terre d’Égypte, lieu de l’esclavage et de l’enfermement. Les Évangiles nous dissent en quelque sorte que la finitude qui nous pèse est semblable à cette terre d’Égypte et le monde nouveau, le monde d’au-delà de cette finitude est semblable au pays de Canaan.
Cela suppose que nous accordions crédit au message du Christ, à celui qui se présente comme étant entièrement homme ou « Fils de l’homme » et entièrement Dieu ou « Fils de Dieu », bref comme étant le Dieu incarné, celui qui par son incarnation, assume la finitude tout en conservant sa plénitude, faisant ainsi émerger à l’Être la nouvelle forme de plénitude, la plénitude sur le mode de la finitude, accessible à ce titre aux créatures finies.
Cette promesse qui nous est adressée est gratuite comme peut l’être l’acte d’Incarnation, puisque cet acte n’apporte rien de plus à l’Être divin et constitue un acte pur d’Amour. De même cette perspective ontologique qui nous est ouverte n’est pas la récompense de nos mérites supposés. Car un être de finitude ne dispose pas de cette possibilité ontologique de surmonter sa finitude essentielle. Il ne doit cette perspective qu’à la gratuité de l’acte d’Incarnation et quels que soient nos mérites ou nos insuffisances, cette perspective est ouverte sans l’attente d’une contrepartie à tous ceux qui feront Alliance avec Dieu et qui accorderont crédit à cette promesse.
A.Mendiri