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· 1 COURS DE PHILOSOPHIE: LA PHILOSOPHIE SPONTANEE.
· 289. INCONSCIENT PSYCHIQUE ET CONNAISSANCE DE SOI.
· 286. LES MANIFESTATIONS DE L'INCONSCIENT PSYCHIQUE.
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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
16.03.2026
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Rubrique "Extraits de textes philosophiques".
Prochain billet demain 17 décembre (Philosophie au fil des textes).
Ces quelques textes sont destinés à illustrer de manière très partielle la nature et la valeur des passions.
La nature d’ « Eros » : PLATON, (V° siècle av. JC) Le Banquet
« Etant fils de Poros 1et de Pénia2, l’Amour en a reçu certains caractères en partage. D’abord, il est toujours pauvre comme on se l’imagine généralement, il est dur et sec, sans souliers, sans domicile, sans avoir jamais d’autre lit que la terre, sans couverture, il dort en plein air, près des portes et dans les rues ; il tient de sa mère, et l’indigence est son éternelle compagne. D’un autre côté, suivant le naturel de son père il est toujours à la piste de ce qui est beau et bon ; il est brave, résolu, ardent, excellent chasseur, artisan de ruses toujours nouvelles, amateur de science, plein de ressources, passant sa vie à philosopher, habile sorcier, magicien et sophiste. Il n’est par nature ni immortel ni mortel ; mais, dans la même journée, tantôt il est florissant et plein de vie, tant qu’il est dans l’abondance ; tantôt il meurt, puis renaît, grâce au naturel qu’il tient de son père. Ce qu’il acquiert lui échappe sans cesse, de sorte qu’il n’est jamais ni dans l’indigence ni dans l’opulence. »
1 Richesse
2 Pauvreté
La valeur des passions : MALEBRANCHE, (XVII°siècle) La recherche de la vérité
« Les passions ne sont point mauvaises en elles-mêmes. Rien n’est mieux entendu, rien n’est plus utile pour entretenir la société, pourvu que la raison les excite et les conduise. Car comme les hommes sont sensibles, il faut les instruire par leurs sens, et les mener où ils doivent aller, par quelque chose qui les frappe et les mette en mouvement. Ces maîtres sages ou froids, sans vivacité et sans passion, n’avancent pas beaucoup ceux qu’ils conduisent. Car les enfants ou les serviteurs, dont l’esprit n’est point fait à la raison, marchent lentement vers la vertu, si on ne les sollicite, si on ne les pique sans cesse. Mais il ne faut jamais les frapper sans les éclairer, sans qu’ils sachent ce qu’on leur demande, et qu’ils le puissent même exécuter avec plus de facilité, que de supporter les maux dont on les afflige. Comme on ne peut se déterminer sans motif, il faut les mettre en état de pouvoir choisir avec joie, et faire volontiers ce qui ne vaut rien, s’il n’est volontaire. Il faut que leur esprit s’instruise aussi bien que leur machine, et que la crainte des maux ne serve qu’à les porter vers le bien, les approcher de la lumière. »
Les passions sont étrangères à la raison : HUME, (XVIII° siècle) Traité de la nature humaine.
« Si une passion ne se fonde pas par une fausse supposition et si elle ne choisit pas des moyens impropres à atteindre la fin, l’entendement ne peut ni la justifier ni la condamner. Il n’est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à une égratignure de mon doigt. Il n’est pas contraire à la raison que je choisisse de me ruiner complètement pour prévenir le moindre malaise d’un Indien ou d’une personne complètement inconnue de moi. Il est aussi peu contraire à la raison de préférer à mon plus grand bien propre un bien reconnu moindre. Un bien banal peut, en raison de certaines circonstances, produire un désir supérieur à celui qui naît du plaisir le plus grand et le plus estimable ; et il n’y a là rien de plus extraordinaire que de voir, en mécanique, un poids d’une livre en soulever un autre de cent livres grâce à l’avantage de sa situation. Bref, une passion doit s’accompagner de quelque faux jugement pour être déraisonnable ; même alors ce n’est pas la passion qui est déraisonnable, c’est le jugement. »
Face à la passion, il n’y a pas de libre-arbitre : SPINOZA, (XVII° siècle) Lettre à Schuller
« Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle continue de se mouvoir, sache et pense qu’elle fait tout l’effort possible pour continuer de se mouvoir. Cette pierre, assurément, puisqu’elle n’est consciente que de son effort, et qu’elle n’est pas indifférente, croira être libre et ne persévérer dans son mouvement que par la seule raison qu’elle le désire. Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs actes et ignorants des causes qui les déterminent. C’est ainsi qu’un enfant croit désirer librement le lait, et un jeune garçon irrité vouloir se venger s’il est irrité, mais fuir s’il est craintif. Un ivrogne croit dire par une décision libre ce qu’ensuite il aurait voulu taire. De même un dément, un bavard, et de nombreux cas de ce genre croient agir par une libre décision de leur esprit, et non pas portés par une impulsion. Et, comme ce préjugé est inné en tous les hommes, ils ne s’en libèrent pas facilement.
L’expérience nous apprend assez qu’il n’est rien dont les hommes soient moins capables que de modérer leurs passions, et que, souvent, aux prises avec des passions contraires, ils voient le meilleur et font le pire : ils se croient libres cependant… ».
Les passions sont en notre pouvoir : DESCARTES, (XVII° siècle) Les passions de l’âme.
« …on peut remarquer la même chose dans les bêtes ; car encore qu’elles n’aient point de raison, ni peut-être aucune pensée, tous les mouvements des esprits et de la glande qui excitent en nous les passions ne laissent pas d’être en elles et d’y servir à entretenir et fortifier, et non pas comme en nous, les passions, mais les mouvements des nerfs et des muscles qui ont coutume de les accompagner. Ainsi, lorsqu’un chien voit une perdrix, il est naturellement porté à courir vers elle ; et lorsqu’il oit un fusil, ce bruit l’incite naturellement à s’enfuir ; mais néanmoins on dresse ordinairement les chiens couchants (Ou chiens d’arrêt) en telle sorte que la vue d’une perdrix fait qu’ils s’arrêtent, et que le bruit qu’ils oient après, lorsqu’on tire sur elle, fait qu’ils y accourent. Or ces choses sont utiles à savoir pour donner le courage à un chacun d’étudier à regarder ses passions ; car, puisqu’on peut, avec un peu d’industrie, changer les mouvements du cerveau dans les animaux dépourvus de raison, il est évident qu’on le peut encore mieux dans les hommes, et que ceux mêmes qui ont les plus faibles âmes pourraient acquérir un empire très absolu sur toutes leurs passions, si on employait assez d’industrie à les dresser et les conduire ».
L’origine lointaine des sentiments : NIETZSCHE, (XIX° siècle) Humain, trop humain.
« Fais confiance à ton sentiment ! » - Mais les sentiments ne sont pas l’élément dernier et originel, derrière les sentiments il y a des jugements et des appréciations de valeur dont nous avons hérité sous forme de sentiments (inclinations et dégoûts). L’inspiration née d’un sentiment est la petite-fille d’un jugement – souvent erroné !- et qui n’est en tout cas pas le tien ! Faire confiance à ses sentiments – cela veut dire obéir à son grand-père, à sa grand-mère et à leurs grands-parents plutôt qu’aux dieux qui sont en nous : à notre raison et à notre expérience.
A. Mendiri