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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
28.01.2026
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Rubrique "Libres commentaires liturgiques, Année III". Suite du billet N°5077.
Extrait de Commentaires philosophiques des textes de la liturgie catholique, Année III, A.MENDIRI, Amazon.
Prochain billet demain lundi 29 septembre.
TEXTES :
Livre d’Amos (6,1a.4-7)
Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Sion, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie, ces notables de la première des nations, vers qui se rend la maison Israël ! Couchés sur des lits d'ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres de l'étable ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d'Israël ! C'est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n'existera plus.
Lettre de St Paul à Timothée (Tm 6,11-16)
Mais toi, homme de Dieu, fuis tout cela ; recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C'est à elle que tu as été appelé, c'est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins. Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à tous les êtres, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une belle affirmation, voici ce que je t'ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable jusqu'à la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c'est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ; lui seul possède l'immortalité, habite une lumière inaccessible ; aucun homme ne l'a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.
Évangile selon St Luc (Lc 16,19-31)
« Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : "Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous." Le riche répliqua : "Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j'ai cinq frères : qu'il leur porte son témoignage, de peur qu'eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !" Abraham lui dit : "Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent ! - Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront." Abraham répondit : "S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus." »
COMMENTAIRE
Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles… et à ceux qui se croient en sécurité » (Livre d’Amos) ; « Mène le bon combat, celui de la foi, empare toi de la vie éternelle…jusqu'à la manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui le fera paraître… c'est Dieu… aucun homme ne l'a jamais vu, et nul ne peut le voir » (St Paul) ; « tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant… il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance… si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront." Abraham répondit…quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus." » (St Luc).
Ces textes sont riches sur le plan théologique même si le langage utilisé peut dérouter par les représentations symboliques proposées et qui, prises à la lettre sont apparemment mièvres et infantilisantes.
Remarquons tout d’abord que le texte extrait de l’Ancien Testament et l’Évangile du jour se rejoignent sur un point : le bonheur sur cette Terre peut être illusoire et factice. Ordinairement on désigne par le bonheur la possibilité offerte par les hasards de l’hérédité, du milieu, par la chance, les circonstances, de jouir des satisfactions physiques, matérielles, affectives, intellectuelles éventuellement, auxquels aspire notre désir de vie le plus profond et le plus spontané. Nous ne connaissons que trop les immenses inégalités des destins individuels en la matière.
Toute la question consiste à savoir si ces représentations du bonheur ne sont pas factices. Certes, comme le dit plaisamment le dicton populaire, « il vaut mieux être en bonne santé, fortuné et beau que l’inverse » et nul ne saurait négliger ces dimensions de l’existence auxquelles chacun aspire naturellement, légitimement et qui sont constitutives pour partie de ce que nous appelons le « Bien » par opposition au « Mal » et qui justifient notre attachement viscéral à la vie.
Cependant, chacun sait et observe que les caractéristiques dont nous avons fait état peuvent s’accompagner du sentiment de l’absurde lié pour l’essentiel à la certitude empirique de la mort, peuvent manifester le « divertissement » tel que le décrit Pascal, autrement dit l’étourdissement au sein d’activités fiévreuses afin de nous faire oublier le tragique apparent de notre condition. Ajoutons enfin et surtout que toutes les dimensions positives évoquées ne prennent véritablement sens que si les personnes qui en bénéficient aiment et sont aimées. Le bonheur authentique répond d’abord et pour l’essentiel à une disposition intérieure qui nous fait accueillir et reconnaître les petites choses positives de l’existence ordinaire. Cette disposition intérieure présente d’autant plus de force qu’elle s’enracine dans la présence, la présomption, voire la certitude, illusoire ou non, du sens.
Or, de manière légitime ou non, le message biblique et particulièrement évangélique, proclame que la présence du sens est d’autant plus enracinée, vivante et authentique que le sujet concerné a fait Alliance avec Dieu, autrement dit s’est révélé sa promesse d’une vie sans terme et pouvant accéder à la plénitude divine elle-même et dont l’Amour agapè, l’Amour gratuit, l’Amour qui n’attend aucune contrepartie, l’Amour qui veut profondément du Bien, constitue son essence, sa réalité intime même.
Roman, serif;">Cette foi constitue le bien le plus précieux. Cette aspiration à la plénitude n’a de sens que si Dieu a assumé la condition de la finitude, y a introduit cette possibilité d’accès à une forme de plénitude nouvelle, la plénitude sur le mode de la finitude, bref si Dieu s’est incarné. Telle est la mission et la vocation du Christ. Cependant, une telle foi est frappée pour nombre d’entre nous par l’invraisemblance. « C’est folie de croire » proclame St Paul. Certes, la résurrection de Jésus de Nazareth atteste aux yeux de ceux qui accordent crédit à ce témoignage des Évangiles que cet homme était bien le « Fils de Dieu », le Dieu incarné. Mais faut-il encore être convaincu de l’évènement de la Résurrection qui ne repose que sur les témoignages concordants et persévérants jusqu’au martyr des disciples de ce personnage, de ce prophète. Or, là encore, et sans doute là plus que pour toute autre affirmation, l’invraisemblance alimente le scepticisme le plus profond, le plus ordinaire, le plus spontané. Car tout ce qui contrarie l’évidence du bon sens est rejeté avec force et avec condescendance.