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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
28.01.2026
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Rubrique "Foi et Raison". Suite du billet N°4947.
Extrait de La Foi au défi de la Raison".
Prochain billet demain mercredi 21 mai.
L’Etre infini, source et fondement de toutes choses, a choisi librement et gratuitement de faire émerger à l’Etre une infinité de créations et même une infinité croissante de créations, puisque nous avons vu que les exigences de son dépassement vers des niveaux toujours plus élevés de plénitude, engendrant par-là la valeur de l’Etre et son sens, supposait un processus continu de créations nouvelles. Ces créations sont forcément des Etres de finitude sans quoi elles se confondraient avec l’Etre infini lui-même, ce qui n’aurait pas de sens. Néanmoins, ces Etres de finitude ne sont pas condamnés à rester enfermés dans les étroites limites de la finitude dans la mesure où librement et gratuitement, l’Etre infini s’incarne, assume la finitude, la fait hériter de son infinitude et fait émerger à l’Etre une forme nouvelle de plénitude que les créations auront vocation à partager librement avec l’Etre infini.
Les créations constituent des Etres distincts de l’Etre infini, des Etres à part entière, radicalement singuliers, et doivent par là même incarner une forme de liberté puisque Etre et liberté sont deux notions indissociables. Tout Etre de la création possède donc une actualité finie, conformément aux exigences de sa finitude mais une potentialité infinie dans la mesure où il hérite de la possibilité de surmonter sa finitude et donc d’exploiter indéfiniment son potentiel d’Etre. A ce titre, la création se présente donc comme transcendance ou non-coïncidence d’une actualité finie par rapport à une potentialité infinie et indéterminée, à l’image de celle de l’Etre infini lui-même.
Cependant, toute création ne peut exploiter ce potentiel infini et indéterminé ou si l’on préfère sa capacité illimitée d’action, que sur le mode et selon les caractéristiques de son actualité finie. L’Etre de finitude se voit ouverte la possibilité de surmonter sa finitude mais non de revêtir une autre identité, qui serait celle de l’Etre infini lui-même. En d’autres termes, l’Etre de finitude a vocation, grâce à la décision libre et gratuite de l’Etre infini, à surmonter sa finitude mais sur le mode de la finitude.
Si une création ou un Etre de finitude sont libres par essence, sans quoi ils ne seraient plus un Etre mais une simple modalité d’Etre de l’Etre infini, ils doivent pouvoir se donner grâce à leur action propre et à leurs choix les caractéristiques de leur réalité effective ou de leur actualité. En d’autres termes, ils doivent connaître un développement au cours duquel ils se donnent le visage de leur liberté, de la liberté la plus élevée possible. Toute création connaîtra donc des dépassements qui seront comme l’écho des dépassements de l’Etre infini vers des niveaux toujours plus élevés de plénitude.
Les dépassements en question consisteront à s’acheminer vers des niveaux de finitude de plus en plus élevés. Autrement dit ces dépassements manifesteront des niveaux de plus en plus élevés de leur Etre de finitude, donc de leur liberté comme finitude. Toute création connaîtra de ce fait une genèse de son Etre, c’est-à-dire de sa liberté propre. Cette liberté de la création ou de l’Etre de finitude aura pour raison d’être non seulement de se donner le libre visage de son actualité et au-delà, de faire le choix ontologique fondamental de rester replié sur les seuls horizons de sa finitude, de se refuser à renoncer à ses seules perspectives ou bien d’accorder crédit à la promesse de l’Etre infini de la faire accéder à une nouvelle forme de plénitude introduite par son Incarnation au sein de la finitude, plénitude au sein de laquelle toute forme de « Mal » se verra éradiquée.
Mais pourquoi évoque-t-on le « Mal » et en quoi consiste-t-il ? D’un point de vue empirique ou relativement à nos expériences familières de la vie, nous appelons « Mal » tout ce qui remet en cause la valeur attachée à l’Etre. La mort ou la finitude, le vieillissement, les souffrances physiques et morales, les laideurs de toutes sortes qu’elles soient naturelles ou d’origine humaine, les désordres affectant la nature et l’histoire, constituent quelques-unes de ses manifestations les plus marquantes et qui faisaient dire à Schopenhauer (XIX° siècle), qu’au vu du spectacle horrifiant qu’offraient la nature et l’histoire, invoquer un Dieu tout-puissant et de surcroît infiniment bon était tout simplement indécent. Traduit d’une manière plus légère, nous pouvons faire état du bon mot selon lequel si ce Dieu existe, il faut espérer qu’il ait une bonne excuse.
D’ailleurs, nous le savons, l’existence du « Mal » et surtout sa victoire apparemment définitive et inéluctable puisque nos vies subissent toutes une lente dégradation de nos capacités et se ponctuent par la mort, seule certitude empirique que nous ayons, est la source la plus radicale du refus de Dieu, de la proclamation du non-sens ou de l’absurde, et par voie de conséquence la justification du repliement sur les seules perspectives offertes par la condition de la finitude.
Car ces perspectives sont réelles. N’oublions pas que l’Etre de la création, à l’image de l’Etre infini, revêt une valeur, valeur qui rend compte de notre attachement viscéral à l’existence aussi longtemps que celle-ci nous donne l’occasion et la possibilité de goûter les satisfactions qu’elle nous propose, même parfois fort ténues. L’ensemble de ces satisfactions, qu’elles soient de nature physique, affective, morale, intellectuelle, spirituelle, constitue ce que, par opposition au « Mal », nous désignons comme étant le « Bien ».
Dès lors à la question « Pourquoi le Mal si Dieu existe ? » pourrait répondre en écho « Pourquoi le Bien si Dieu n’existe pas ? ». Car, contrairement à ce que croit la pensée commune, l’existence de ce que nous appelons le « Bien » n’est pas une évidence et ne va pas de soi. Sa présence est tout aussi mystérieuse que celle du « Mal ». En effet, le monde, d’un point de vue logique, pourrait parfaitement Etre et fonctionner sans la présence de ce que nous appelons le « Bien ».
C’est ainsi le cas des plaisirs de toutes sortes, quelle que soit leur nature. Nous n’essayerons pas ici de nous interroger pour savoir si la sensation de plaisir résulte, comme le croyait Epicure, d’un effet de contraste avec la présence de la douleur ou renvoie à un état neutre ou bien s’il constitue, comme le soutenait Aristote une réalité positive, « le plaisir s’ajout(ant) à l’acte comme la fleur à la jeunesse ». Nous constatons seulement que la réalité naturelle pourrait fonctionner et se perpétuer sans cette sensation de plaisir, mais uniquement par des régulations mécaniques ou chimiques. C’est d’ailleurs ce qui se produit non seulement au niveau minéral mais également chez tous les êtres vivants appartenant au monde végétal.
Il en va de même concernant la présence au sein de l’Etre de la beauté. Car qu’il y ait des formes belles, des formes dont les apparences, la composition, l’harmonie jouent un rôle fondamental au sein du monde vivant, notamment pour la fécondation des végétaux, pour la reproduction des animaux, ne fait guère question. Certes ces formes belles sont reconnues de manière spécifique par chacune des espèces en fonction de son savoir inné et de ses exigences vitales, mais l’homme détient apparemment le privilège de les reconnaître toutes, grâce à sa conscience, et qui plus est de produire des formes artificielles qui forcent l’admiration et où se reflète son âme. La contemplation de la beauté élève l’homme au-dessus de sa condition animale, l’arrache aux seules exigences vitales, le fait accéder à la dimension de la gratuité. « La beauté, disait Dostoïevski, sauvera le monde ».
Or la présence de la beauté au sein de l’Etre de la finitude, au même titre que celle du plaisir, n’est nullement une nécessité mais une réalité qui questionne et qui demeure mystérieuse. Nous pourrions poursuivre cet examen des manifestations du « Bien » en évoquant un sentiment comme l’amour et qui répond à l’aspiration universelle des hommes. Nous pensons tout particulièrement à l’amour Agapè, c’est-à-dire l’amour désintéressé, l’amour qui désire du bien pour autrui, l’amour qui n’attend aucune contrepartie et non l’amour Eros plus centré sur les intérêts de l’individu qui en est porteur.
Il n’en reste pas moins vrai que les manifestations du « Bien », aussi étonnantes et gratuites puissent-elles être apparaissent provisoires, éphémères et que le « Mal » semble toujours avoir le dernier mot. Mais alors pourquoi le « Mal » et quelle est son origine, sa nature et peut-on espérer le dépasser, le vaincre, l’éradiquer ?