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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
28.01.2026
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LA FOI LIBÈRE DE L’AVEUGLEMENT DE LACHAIR
TEXTES :
Ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! » Voici que je les fais revenir du pays du nord, que je les rassemble des confins de la terre ; parmi eux, tous ensemble, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée : c’est une grande assemblée qui revient. Ils avancent dans les pleurs et les supplications, je les mène, je les conduis vers les cours d’eau par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné.
Lecture de la lettre aux Hébreux (He 5, 1-6)
Tout grand prêtre est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour lespéchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron. Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré,car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.
Évangile selon saint Marc (Mc 10, 46b-52)
En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire mais il criait de plus belle :« Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur lechemin.
COMMENTAIRE :
« Poussez des cris de joie…je les conduis…par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. » (Jérémie) ; « Tout grand prêtre est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu… Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse… le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils » (Lettre aux Hébreux) ; « « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit …que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue » (St Marc).
« Le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils « Que veux-tu que je fasse pour toi ? L’aveugle lui dit : « ...que je retrouve la vue ! »…« Va, ta foi t’a sauvé. » Telles sont les deux citations des textes liturgiques que nous avons sélectionnées afin d’illustrer notre propos. Concernant la première d’entre elles, rien que de très classique : il s’agit de rappeler la nature de celui que l’on désigne par le nom de Christ. Celui-ci n’est pas présenté comme un grand prêtre parmi d’autres, c’est-à-dire un médiateur entre Dieu et les hommes. C’est certes un médiateur, mais qui possèderait une filiation divine. Le Christ serait d’abord entièrement homme, autrement dit ce personnage de Palestine appelé Jésus de Nazareth. Mais il serait également entièrement Dieu, ou si l’on préfère Dieu qui se serait librement et gratuitement incarné, qui aurait assumé la condition de l’humanité et de la finitude tout en conservant sa plénitude divine et ce afin de faire émerger dans l’Etre, ce qui est au-delà des apparences, une nouvelle forme de plénitude, la plénitude sur le mode de la finitude, librement accessible aux créatures, aux êtres de finitude, notamment les hommes, qui font crédit à ce message, cette promesse et qui s’efforcent d’être à sa ressemblance, c’est-à-dire « Amour-agapè », amour sans l’attente d’une contrepartie, volonté de faire le Bien, reconnaissance et accueil des grâces offertes par la vie. Bref, le Christ est à la fois « Fils de l’homme » et « Fils de Dieu ».
Comme tel il permet à la finitude de pouvoir franchir ses étroites frontières, de dépasser sa finitude essentielle et éventuellement d’accéder à la nouvelle forme de plénitude introduite par l’Incarnation de Dieu en son sein, plénitude où toute forme de « Mal » se verra éradiquée. C’est en ce sens que le Christ sauve la création, et l’humanité notamment, du « Mal ». C’est en ce sens que le Christ est le rédempteur de la finitude.
Mais ce message est difficile à entendre, difficile à ne pas être considéré comme l’illusion par excellence. « C’est folie de croire » proclame St Paul. La plupart des hommes se fient au bon sens et restent emprisonnés dans les seules perspectives de la finitude, mettant tous leurs espoirs mais aussi leurs désespoirs en elle. Tel est le péché par excellence ; le péché« originel » dirait St Augustin, c’est-à-dire celui qui découle naturellement de la nature même de la condition de la finitude et nous aveugle.
Nous en venons donc à la scène de l’aveugle qui recouvre la vue dans l’Evangile de St Marc. Cela fait partie des « miracles » ou des « signes » qui font florès dans les textes évangéliques. Nous ne nous interrogerons pas ici sur la réalité physique de ce « miracle ». Les talents de guérisseur de ce personnage évangélique sont sans doute réels. Ontologiquement, nous laissons une place à cette possibilité et ce, en vertu de la contingence fondamentale et essentielle des « lois » de la nature et donc des exceptions envisageables. Mais à nos yeux l’essentiel du message ne se situe pas là. Seule une lecture symbolique du texte permet d’en saisir tout le sens et la portée. Par sa foi, cet homme a ouvert les yeux sur la vocation de la finitude à dépasser ses frontières et sur la promesse de plénitude et de victoire finale du Bien sur le Mal. C’est en ce sens qu’il n’a pas fait que recouvrer la vue, banalement en quelque sorte. Mais cet acte de foi l’a sauvé en lui livrant l’accès d’un monde infiniment plus vaste que la finitude et des perspectives de libération de toutes les limites ou entraves ontologiques de cette même finitude. Sa foi l’a libéré de la tyrannie du bon sens et de l’apparente évidence.