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Par Anonyme, le 30.01.2026
Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
31.01.2026
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Rubrique "Le destin de l'univers". Suite du billet N° 426.
Lors du précédent billet, nous nous sommes appliqués à montrer que, selon nous, l’homme a vocation non à révérer l’ordre naturel mais au contraire à le dépasser, à le transformer en fonction de ses projets, bref à l’humaniser. Pourquoi cela ? D’abord, à partir de ce constat banal à propos des caractéristiques de ses facultés naturelles : l’intelligence humaine se distingue de l’instinct animal par sa capacité à créer, à inventer et ce, afin de s’adapter à des variations d’un environnement qu’il n’a pas choisi et afin de modifier celui-ci afin de mieux jouir des possibilités que lui offre cette nature. L’intelligence témoigne de la présence de la conscience, autrement dit de la liberté des sujets concernés. Le monde de la nature est le monde de la nécessité, d’un héritage caractérisé par des phénomènes et des évolutions marquées par la contingence, voire par le hasard ; la conscience fait émerger le monde de la liberté, de choix volontaires, de changements dont les êtres concernés sont les auteurs.
Car n’oublions pas une fois encore que l’homme tel qu’il est sur un plan naturel, que la nature telle qu’elle est dans l’ordre présent qui est le sien, auraient pu parfaitement être autres qu’ils ne sont et même n’auraient pu ne pas être du tout. Si un astéroïde important n’avait pas heurté la Terre voici plusieurs millions d’années, sans doute (à supposer que cette hypothèse doive être retenue) que les espèces existantes à cette époque, les dinosaures notamment, auraient poursuivi leur existence et qu’à tout le moins le cours de l’évolution eût été tout autre. Le monde naturel actuel est donc le fruit de la contingence, c’est-à-dire l’absence de nécessité. Y voir un ordre naturel voulu par des forces divines est donc hors de propos et sombre à la fois dans une conception erronée de la Providence éventuelle, c’est-à-dire de l’intervention divine dans le cours de la création, ainsi que concernant le sens même de la notion de création.
Expliquons-nous à ce propos. La notion de création ne signifie nullement, comme parfois des représentations quelque peu naïves ou fort peu critiques la conçoivent, comme une œuvre sortie des mains de Dieu comme un objet fabriqué sort des mains d’un artisan, et ce à un moment T, qui inaugure le cours du temps et avant lequel, si on peut dire, Dieu se déployait dans sa solitude et dans son éternité. L’idée de création signifie simplement que l’Etre dont nous sommes les témoins et dont nous faisons partie ne contient pas en lui-même la raison ou la justification ou le fondement de sa présence à l’Etre. Il semble ne pas pouvoir exister par lui-même et tire la justification de son Etre d’un Etre « par soi », d’un Etre infini et non fini, d’un Etre enfermant tous les possibles envisageables. Si on nie l’idée de création, si on proclame que l’Etre dont nous sommes les témoins est l’Etre absolu que nous venons d’évoquer, alors on soutient une conception panthéiste selon laquelle l’Etre qui est le nôtre incarne le fondement ultime et est Dieu lui-même. Nous aurons l’occasion de revenir sur les difficultés conceptuelles liées, selon nous, au panthéisme.
En second lieu, l’idée de création est liée à la notion de contingence ou d’absence de nécessité. Si le cours de la création s’avère contingent c’est précisément dans la mesure où les étapes de son déploiement ne sont pas écrites à l’avance. Une infinité de possibles sont susceptibles de survenir à chacune des étapes en question. La contingence de la création qui est double, puisque qu’elle signifie d’abord que sa présence à l’Etre n’est pas une nécessité d’une part et que ayant émergé à l’Etre son déploiement temporel est également marqué de part en part par l’absence de nécessité d'autre part, traduit le fait que Dieu ou l’Etre par qui la création est présente à l’Etre se fait librement absent de celle-ci et de son cours, tout simplement pour faire en sorte que cette création incarne un Etre authentique, autrement dit un Etre libre, maître de son destin et non un simple symptôme ou un simple « signe » d’une vie divine cachée, ce qui nous ramènerait à une forme de panthéisme.
Le Dieu de la Bible s’est retiré de la nature ou de la création, contrairement, par exemple au Dieu de l’animisme, omniprésent au sein des aspects les plus divers de la nature. Le Dieu de la Bible est présent au sein de l’intériorité de l’homme. En effet, si Dieu est l’infini, tout ce qui est et donc la création se situent au sein de cet infini, réalité qui par définition exclut tout en-dehors d’elle-même. Dieu est donc présent au sein de la vie intérieure de l’homme. Mais cette présence ne s’impose pas. Elle requiert une quête et elle se dévoile selon les modalités ontologiques propres à l’homme, à savoir selon la double relativité de ses facultés naturelles et de son histoire culturelle.
Cela signifie que le rapport de l’homme à la nature et aux autres et à lui-même peut s’effectuer à l’image de son Dieu, à savoir, selon les Evangiles, sur le mode de l’Amour ou bien sur le mode de libres choix purement humains, coupés de cette source supposé du sens. C’est ce point que nous préciserons à nouveau lors d’un prochain billet.