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Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
28.01.2026
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Rubrique "Libres commentaitres liturgiques, Année II". Suite du billet N°4451.
Extrait de "Commentaires philosophiques des textes de la liturgie catholique, Année II, A.MENDIRI, Amazon.
Prochain billet demain lundi 29 juillet.
TEXTES :
Deuxième livre des Rois (2 R 4, 42-44)
En ces jours-là, un homme vint de Baal-Shalisha et, prenant sur la récolte nouvelle, il apporta à Élisée, l’homme de Dieu, vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac. Élisée dit alors : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent. » Son serviteur répondit : Comment donner cela à cent personnes ? » Élisée reprit : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent car ainsi parle le Seigneur : « On mangera, et il en restera. » Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.
Evangile selon St Jean (Jn 6, 1-15)
En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »Ildisait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »Ils les rassemblèrent, et ilsremplirent douzepaniersavec lesmorceaux des cinq pains d’orge,restés en surplus pour ceux ui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient l’enlever pour faire de lui leur roi alors de nouveau il se retira dans la montagne lui seul.
COMMENTAIRE :
« Ainsi parle le Seigneur : « On mangera, et il en restera » (Livre des Rois) ; « ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience » (St Paul) ; « cinq pains d’orge... qu’est-ce que cela pour tant de monde !... Jésus prit les pains…il les distribua aux convives… « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » (St Jean).
Il s’agit aujourd’hui des textes célèbres dits de « la multiplication des pains ». Notons en premier lieu que les textes en question n’évoquent pas l’idée de multiplication même si c’est une conclusion que l’on peut en tirer légitimement. Bref, il s’agirait d’un « miracle » ou plus précisément, si on s’en tient aux textes mêmes, d’un « signe »
Comme toujours, la raison s’interroge sur de tels faits ou supposés tels. Certes, rationnellement, la notion de « miracle » n’est pas à exclure. La contingence des lois de la nature autorise la possibilité qu’une convergence de circonstances exceptionnelles, aléatoires, accidentelles, éphémères et qui conduise à l’irruption ponctuelle de phénomènes en rupture avec les lois ordinaires de la nature. Si cette hypothèse ontologique est exacte, alors le « miracle » est naturellement possible et sa manifestation n’est pas le signe incontestable d’une « action divine », d’une action extérieure à la nature et en conséquence seul le regard de la foi peut y voir éventuellement le signe d’une intervention « providentielle ».
Mais disant cela, nous cédons au « concordisme », autrement dit à une interprétation des textes qui reçoit ces derniers dans leur sens littéral et qui tente de les concilier avec le savoir objectif tel que nous le connaissons. Pour notre part, cela ne nous semble pas la meilleure approche. En effet, n’oublions jamais que les textes évangéliques ne sont pas des livres d’histoire mais des textes théologiques qui visent à souligner la dimension à la fois humaine et divine du Christ. Cet objectif s’appuie sur la résurrection du Christ au matin de Pâques, à laquelle ses disciples prêtent foi après avoir déserté leur mission et renoncé à leurs convictions au moment de sa mort infamante sur une croix.
Dès lors tous les faits et gestes du Christ sont revisités, éclairés, transfigurés à l’aune de cette conviction et de cet « évènement » présumé et dont ils ne doutent pas pour en avoir été les témoins. En conséquence, les textes évangéliques ont un sens plus symbolique que littéral. Cela ne signifie en rien que le Christ n’ait pas accompli de « signes ». Cela signifie que l’on n’en connaît pas la nature exacte ou, comme on dirait aujourd’hui, la réalité objective.
Il convient donc de s’attacher au sens théologique profond de ces textes sans s’attarder à rendre compte de prodiges ou à s’en tenir à une littéralité stricte. Ce sens est selon nous le suivant : la condition de la finitude réduite à son essence, à ses caractéristiques propres, limite les horizons et les possibilités de notre vie. En revanche, la promesse du Dieu de l’Allianceconsiste à ouvrir l’infinitude et l’éventuel partage de la plénitude divine aux créatures. Tel est le sens et la raison d’être de l’incarnation de Dieu au sein de l’Etre de finitude que nous sommes et qui permet de faire émerger à l’Être une nouvelle forme de plénitude, la plénitude sur le mode de la finitude, accessible par essence aux êtres de la finitude. Dès lors que l’on accorde crédit à cette promesse, que l’on en tire les conclusions naturelles et spontanées sur le plan des comportements, que l’on vit sur le mode de l’Amour agapè, l’amour gratuit, l’amour qui n’attend pas de contrepartie, sur le mode de la « charité » dirait St Paul bref sur le mode de Dieu lui-même, alors l’être que nous sommes et qui est créé « à l’image de Dieu » pourra hériter et partager la vie de plénitude, la vie en surabondance offerte par ce Dieu. Nous sommes peu de choses, à vrai dire nous sommes très pauvres à tous égards en tant que créatures réduites à la condition de la finitude, nous ne sommes qu’un peu de poussière organisée de manière provisoire et éphémère, mais nous sommes appelés à l’abondance sans limite de la vie divine grâce à l’Incarnation du Dieu vivant. Tel est, selon nous, le message et le sens qu’il convient de retenir de ces textes.