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Dernière mise à jour : 28.01.2026
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4603 PRESENCE ET ACTION DE L'ETRE INFINI (3)

Publié le 14/11/2023 à 06:09 par cafenetphilosophie Tags : gratuit sur vie place amour monde soi homme mode création dieu cadre demain

Rubrique "Foi et raison". Suite du billet N° 4596.

 

Extrait de La Foi au défi de la Raison, A.MENDIRI, Amazon.

 

Prochain billet demain mercredi 15 novembre.

 

 

Il convient de rappeler que ce dépassement des frontières de la finitude par l’ensemble des êtres de la création est rendu possible par la libre et gratuite Incarnation de l’Etre infini au sein de la finitude. Mais que pouvons-nous dire de ce dépassement ? Parler de l’au-delà est une entreprise osée car nous ne pouvons en dire que peu de choses. Car il s’agit d’un monde radicalement nouveau, inconnu, inconnaissable, impensable, d’un saut dans des dimensions ontologiques dont nous pouvons annoncer la venue mais dont nous ignorons par essence le statut du dépassement qui incarne une différence radicale échappant à nos capacités présentes d’investigation au sein du monde qui est le nôtre. Toujours est-il que ce dépassement de la finitude ne s’inscrit pas dans le cadre du multivers dont nous avons fait état. Il s’agit ici du dépassement du multivers et donc d’un méta-univers.

Cependant, il est sans doute possible de s’aventurer à dessiner les caractéristiques ou les exigences les plus générales de ce méta-univers à l’aune des principes de nos analyses et en restant cohérent avec ces derniers. Car il va de soi que ce dépassement est un dépassement sur le mode de la conservation de ce qui précède, de la conservation du mode d’être de la finitude initiale. Or la plénitude promise ou possible suppose l’éradication de toute forme de « Mal ». Tout donne à penser que ce passage du monde de la finitude à son dépassement corresponde au mythe biblique du « Jugement dernier ». Celui-ci ne revêt pas un sens chronologique, au même titre d’ailleurs que la notion augustinienne du « péché originel », mais un sens ontologique. Toute la question est alors de savoir si ce « Jugement » est définitif concernant les êtres de finitude ayant choisi le repliement sur la seule condition de la finitude. Nous y reviendrons.

La plénitude sur le mode de la finitude, plénitude nouvelle introduite et à l’image de celle du Dieu incarné, est ouverte à tous les êtres de finitude qui ont accordé crédit à la promesse du Dieu vivant et qui, en conséquence, ont témoigné de l’authenticité de cet acte de foi en vivant sur le mode de l’Amour-Agapè, de l’Amour gratuit, de l’Amour qui veut du bien à autrui et à la source du sens, à savoir le Dieu qui les habite. Dès lors, tout naturellement, le dépassement de leur finitude initiale s’effectuera sur le mode de la plénitude manifestée par l’Etre infini incarné lors de sa résurrection.

Dès lors, la plénitude sur le mode de la finitude effacera non seulement toutes les imperfections liées par essence à la finitude repliée sur ses seules ressources mais introduira au sein des vies intérieures la certitude que ce nouveau monde de finitude et son terme avant un nouveau dépassement, ne sont plus les signes de l’absurde ou du non-sens mais tout au contraire la marque de la réalisation d’une œuvre et donc l’incarnation du sens par excellence, les dépassements successifs vers d’autres finitudes conduisant à partager le mouvement de l’Etre infini lui-même vers des niveaux toujours plus élevés de plénitude.

Ainsi, les êtres qui vivent pleinement la condition de la plénitude connaîtront clairement la conservation de leur identité au-delà des différences revêtues et liées au dépassement de la finitude dont ils sont issus. Ils conserveront également intact le souvenir des êtres connus lors de cette finitude initiale et qui leur a permis de dessiner le visage de leur liberté et donc de leur Etre. Cette conclusion rejoint l’idée théologique de « communion des saints », c’est-à-dire de communion de pensée et d’assistance de l’ordre de la Providence entre tous ceux qui sont « signes » de la présence divine que ce soit au sein de notre monde ou au sein des au-delà de la finitude.

Au sein de ces mondes successifs et sans fin, les êtres conscients conserveront et continueront à développer leur liberté, autrement dit à façonner le visage de leur Etre même. Rappelons que les êtres conscients ne sont pas des êtres seulement naturels mais historiques et que l’histoire de toute finitude, qu’elle soit individuelle ou collective, a pour fonction ontologique de mettre en place les caractéristiques de leur liberté, dessinant in fine leur destin ontologique.

Mais l’histoire ne s’interrompt pas avec le terme de la finitude initiale. A l’histoire de la finitude succèdera l’histoire sans fin de la plénitude. Car la liberté inhérente à tout Etre et donc aux êtres de finitude perdurera. Dès lors, au titre de la liberté constitutive de leur Etre, il leur appartiendra de dessiner librement et continument le visage de leur plénitude.

Mieux, au sein de cette plénitude, la liberté des êtres de finitude sera préservée en ce sens que cette nouvelle dimension ontologique pourra s’interpréter comme résultant de nécessités naturelles et non nécessairement comme la marque et le signe de l’action divine. En conséquence, quel que soit le niveau de plénitude atteint au sein de ces infinis mondes successifs, les êtres de plénitude provenant du vaste multivers, peuvent se laisser éblouir par leur puissance et donc être tentés de nier la présence, le rôle, le don gratuit de l’Etre infini, source et fondement de leur statut ontologique. Si, de manière générique, nous désignons par « anges », l’ensemble des êtres conscients qui, dans l’infinie diversité du multivers, ont déjà accédé à la plénitude, alors le mythe biblique « d’anges déchus », d’anges en rupture de ban avec Dieu, acquiert un sens rationnel dans le cadre de nos analyses.

Mais qu’en est-il pour cet être particulier, entièrement homme et entièrement Dieu, à savoir le Christ ressuscité ? Qu’en est-il également pour Marie qui par son « Oui » a permis que l’acte d’Incarnation de l’Etre infini soit parachevé, se voyant par là-même co-rédemptrice de la création, co-auteur de l’éradication possible du « Mal » ? Selon la logique de notre discours, tous deux participeront à ce monde de plénitude sur le monde de la finitude et à ce processus de dépassement sans fin. Car si le Christ est une des manifestations de l’Etre infini Incarné, s’il est celui qui, à ce titre, est à l’origine de l’achèvement du processus de dépassement de la finitude sur le mode de la plénitude, il n’en demeure pas moins également « Fils de l’homme » et à ce titre, il partagera le destin de tous les hommes. Il en va de même de Marie pour les raisons que nous venons de rappeler. Et de ce point de vue, cela validerait, certes en le revisitant, le dogme catholique dit de l’Assomption, c’est-à-dire de la conviction ou de la foi que Marie non seulement a accédé à ce monde de plénitude, mais avec le statut particulier de co-rédemptrice de l’humanité.

Remarquons enfin que si la plénitude propre à une création donnée ou, plus précisément, à l’histoire spécifique des êtres conscients, s’avère forcément unique et singulière, il n’en reste pas moins que l’infinité toujours croissante des formes diverses et singulières de plénitude caractérisant l’infini multivers, incarneront une même identité ontologique au-delà de leurs différences, à savoir celle de la plénitude, et qu’à ce titre, ces infinies formes de plénitude pourront constituer des lieux d’échanges et de partage, et a fortiori avec les êtres de finitudes des générations qui nous auront directement précédés et qui connaitront de ce fait un mode de plénitude plus élevé que le nôtre.

Mais qu’en sera-t-il des êtres de finitude qui se sont enfermés dans les étroites frontières de la finitude et qui n’ont accordé aucun crédit à la promesse de plénitude ? Il convient à cet égard de distinguer entre ceux qui, parmi eux, non seulement se sont repliés sur les perspectives ouvertes par la seule finitude mais qui de surcroît, et en conséquence en quelque sorte, n’ont pas eu pour fil conducteur de leur existence l’Amour-agapè. Ceux-là seront conduits à assumer de nouveau toutes les limites de la finitude repliée sur sa seule essence. Ils vivront ce dépassement de la finitude comme la première finitude connue, avec son terme inéluctable, ses imperfections multiples, cette condition étant aggravée par le double fait qu’ils acquerront une puissance toujours accrue et donc des possibilités toujours plus grandes de jouir de la valeur de l’existence mais également de donner libre cours au Mal qui irrigue leur vie intérieure, affectant le terme de cette finitude d’un non-sens encore plus douloureusement prononcé.

Tel se présente le premier destin ontologique hors des voies de la plénitude. Mais un sort ontologique distinct se verra réservé à ceux qui, parmi eux, ont souscrit à l’Amour-Agapè sans en reconnaitre les fondements et la source et qui auront manifesté cet Amour sur le mode de la finitude, coupés de son sens gratuit et de sa portée ontologique. Leur dépassement connaîtra une forme incomplète de plénitude. L’incertitude sera leur lot. Incertitude concernant la conservation de leur identité à travers les différences qu’elles sera appelée à revêtir. Incertitude concernant le sens à attribuer au terme de cette nouvelle finitude, expression du dépassement dans la conservation de leur absence de foi. Ils incarneront donc une autre modalité du destin ontologique évoqué.

Bien entendu, dans le cadre d’un temps infini, ces statuts ontologiques étrangers à la plénitude pleine et entière n’auront aucun caractère définitif. Tous les êtres concernés seront, lors de ce périple existentiel sans fin, amenés à s’éveiller à l’Esprit et à embrasser la condition de la plénitude. Mais ce cheminement sera hélas précédé par des souffrances inutiles et parfois fort longues, dont ils seront les seuls responsables.

Remarquons enfin que les êtres particuliers étrangers à la conscience connaîtront également un dépassement dans la conservation et ce, selon des modalités, bien entendu, inimaginables au sein des mondes successifs et sans terme que suppose l’Etre de finitude. Cependant, rien n’exclut que lors de ces dépassements sans fin des mondes successifs ainsi considérés, ils n’atteignent point à leur tour une forme de conscience ou de liberté « pour soi » qui les amèneraient à se confronter aux mêmes enjeux ontologiques que les êtres humains que nous sommes par exemple. De plus, ces êtres pourront bénéficier de l’action de la Providence telle que nous l’avons évoquée lors de ces processus de dépassement, et du mode de façonnement de la plénitude à laquelle ils seront éventuellement conviés. Telle est cette hypothèse ontologique d’une grande témérité certes mais qui, sur un plan purement rationnel et logique, se voit entièrement recevable. A ce titre, c’est l’ensemble de la création qui, à terme, serait invité à la plénitude promise.

Remarquons dès lors que ceux qui s’inquiètent ou feignent de s’inquiéter face à la perspective d’un temps éternel, temps supposé engendrer l’ennui de vivre et qui disent lui préférer les délices de l’éphémère lorsque celui-ci offre des opportunités favorables, que l’éternité en question n’est nullement semblable à cette contemplation immobile des perfections divines qu’un discours convenu de clercs nous propose, mais conduit au dévoilement sans fin de réalités toujours nouvelles et supérieures, ontologiquement parlant.

Telles sont, à grands traits, les principales modalités de la présence et de l’action de l’Etre infini au sein de cette substance commune à lui-même et aux créations et qui sont destinées à préparer l’avènement d’une plénitude également commune, la plénitude sur le mode de la finitude, introduite librement et gratuitement par l’Incarnation de l’Etre infini au sein de la création.