· 10 LA NOTION D'INSTINCT CHEZ L'HOMME . COURS.
· 9 LE STATUT DE LA CONSCIENCE SELON NIETZSCHE. COURS.
· 13 CROYANCES, RITES ET FÊTES DU JUDAÏSME
· NATURE HUMAINE ET CONDITION HUMAINE.
· 1 LES FONDEMENTS D'UNE DEMOCRATIE
· 10 LA FONCTION DU MYTHE
· 531 L'ART POUR L'ART OU ART ENGAGE?
· 5 LE BOUDDHISME: COMPARAISON AVEC L'HINDOUISME
· 12 MOÏSE, FONDATEUR DU JUDAÏSME
· 1 COURS DE PHILOSOPHIE: LA PHILOSOPHIE SPONTANEE.
· 289. INCONSCIENT PSYCHIQUE ET CONNAISSANCE DE SOI.
· 286. LES MANIFESTATIONS DE L'INCONSCIENT PSYCHIQUE.
· 411 LES SOURCES DE LA CONNAISSANCE HUMAINE.
· 2 COURS DE PHILOSOPHIE: LE ROLE DE LA RAISON.
· 8 LE STATUT DE LA CONSCIENCE SELON KANT ET PASCAL. COURS.
>> Toutes les rubriques <<
· 29 Cours: La nature de l'homme (15)
· 8 Les grandes religions (24)
· 36 Cours: L'Art. (14)
· 31Cours: L'inconscient. (6)
· 3 L'esprit démocratique (23)
· 2 Cours: Pourquoi la philosophie? (5)
· 7 Le phénomène religieux (16)
· 30 Cours: La morale. (11)
· 45 Extraits de textes philosophiques (15)
· 35 Cours: La politique. (22)
travail vie actualité monde histoire création dieu nature mort
Statistiques
Date de création : 26.02.2011
Dernière mise à jour :
05.02.2026
5242 articles
Suite du billet N° 367.
Rappelons tout d'abord que la métaphysique correspond schématiquement à la démarche philosophique ou si l'on préfère à la réflexion critique visant à examiner et à tenter de résoudre par les voies de la raison les questions soulevées par les religions et dont les réponses proviennent d'une supposée Révélation divine et qui font à ce titre l'objet de croyances ou pour être plus précis d'une foi. (cette dernière se distinguant de la simple croyance dans la mesure où elle se voit fondée de manière réelle ou illusoire sur une expérience intérieure ou spirituelle).
Ce rappel étant fait, la légitimité, la cohérence, la pertinence du discours métaphysique sont elles-mêmes tributaires de la confiance que l'on accorde à la raison pour tenir et élaborer un tel discours. L'histoire de la philosophie occidentale est divisée à cet égard. Depuis les critiques du philosophe des Lumières allemand Kant au XVIII° siècle, la majorité des philosophes ont tendance à considérer que la raison n'a pas cette fonction de débattre des problèmes métaphysiques, étant par nature impuissante en la matière et ayant pour seule vocation à structurer, à mettre en ordre les données de la perception, que celle-ci soit d'ordre pratique ou d'ordre théorique lorsqu'il s'agit des données de la science expérimentale par exemple. L'échec bimillénaire de la raison métaphysique à résoudre les problèmes soulevés par elle, c'est-à-dire à proposer des réponses qui s'imposent à tous les esprits car susceptibles de subir avec succès des procédures de validation, constitue l'argument décisif sur lequel s'appuie Kant en vue de définir les possibilités et les limites de la raison humaine.
Mais cette critique de Kant n'est pas la seule piste envisageable afin de rendre compte de cet échec relatif de la raison en vue de traiter les problèmes métaphysiques. Il est possible de considérer, dans une perspective pouvant se rattacher à Hegel (XIX° siècle), que la raison n'est pas par nature impuissante à traiter de telles questions. Mais la raison est confrontée à une limite: elle ne peut se dévoiler l'inconnu, c'est-à-dire ce qui vient, l'avenir, ce qui n'a pas encore émergé à l'Etre. Cela ne signifie pas qu'elle ne peut tenter d'anticiper sur ce qui vient et tracer des perspectives. Cela signifie seulement que ces dernières seront marquées par la connaissance des temps présents et à ce titre certainement très pauvres et très limitées par rapport à l'imprévisible qui adviendra. En somme, la raison ne peut penser, à titre provisoire, que l'Etre (c'est-à-dire ce qui est vraiment au-delà des apparences d'ordre sensoriel ou pratique) du temps présent.
C'est à cette seconde approche philosophique que nous nous rattachons et tout notre propos n'a de sens qu'eu égard à cette conviction de départ. Ce propos présuppose donc que la raison est à même de développer de telles investigations sur la réalité ou sur l'Etre tel que nous en avons rappelé la signification exacte, avec les limites d'une telle entreprise puisque l'avenir demeure une page blanche.
Or, notre discours philosophique sur l'Etre ou si l'on préfère notre discours ontologique ("On" désignant l'Etre en grec) fait du temps à la fois la dimension fondamentale de l'Etre et sa caractéristique la plus énigmatique. Et ce, pécisément, parce que le temps renvoie certes au présent mais également au passé et à l'avenir, à savoir à deux dimensions qui nous échappent complètement ou pour une large part.
Concernant l'avenir, nous nous sommes déjà expliqués. Demain appartient à l'inconnu et à ce titre à l'impensable, non pas dans l'absolu mais ici et maintenant et ce, aussi longtemps que l'Etre qui vient et qui se développe n'aura pas fait émerger à l'Etre les formes nouvelles et imprévisibles de son déploiement progressif.
Mais il en va de même à certains égards concernant le passé. Cette dernière remarque peut surprendre. Le lecteur qui possède quelques informations sur le passé de notre Univers observable sera tenté de penser que la science contemporaine nous informe sur ce passé, même si c'est encore de manière très imparfaite. Notre Univers observable aurait "commencé" il y a 13 à 15 millirds d'années à la suite de l'"explosion" d'un atome primitif enfermant au sein d'une densité inimaginable toute la matière et l'énergie actuelles de cet Univers. Mais nous ne savons rien de l'en-deçà de ce "big-bang", expression désormais consacrée afin de baptiser cet évènement initial de l'Univers et dont l'auteur, Fred Hoyle, l'avait inventée par dérision étant sceptique sur ce schéma théorique décrivant les débuts des processus physiques de notre Univers.
Les observateurs attentifs de l'actualité scientifique savent que les physiciens attendent beaucoup des informations que nous apporte et nous apportera l'observatoire spatial Hubble sur ces débuts de l'Univers. Ils savent également que très souvent les journalistes généralistes évoquent l'observation de l'instant de "création" de l'Univers pour caractériser les objectifs de Hubble, témoignant par là, bien involontairement, d'une double ignorance tant scientifique que métaphysique et même une triple ignorance si l'on y adjoint l'interprétation erronée qu'ils font du concept religieux de "création".
Et voici pourquoi. En premier lieu, la science n'affirme pas qu'il s'agit d'un début absolu. Elle dit seulement, dans l'état ctuel des choses, que nous ne savons rien des états physiques et des lois régentant ces états qui ont précédé cette explosion initiale et que peut-être même nous ne pourrons rien en savoir, tout au moins à l'aide des théories physiques qui sont actuellement les nôtres.
En second lieu, le discours religieux est un discours par nature symbolique. Autrement dit c'est un discours qui ne prétend pas être une explication provisoire et imaginaire concenant les débuts du monde, en attendant qu'enfin le sérieux du discours scientifique puisse nous éclairer. Il s'agit d'un discours de nature métaphysique fondé non sur la raison mais sur la foi et qui prétend nous révéler intuitivement et de manière humaine le sens de l'Etre, bref son "pourquoi" et non comme la science son "comment". La notion de création ne signifie donc pas qu'il y ait eu un début du temps antérieurement auquel Dieu "vivait" seul, mais signifie seulement que l'Etre observable que nous connaissons ne possède pas de lui-même et en lui-même la raison d'être et la possibilité de son existence. Il exige un au-delà de lui-même, qui n'est pas de l'ordre de la finitude mais de l'infini.
Il ressort de ces différentes mises au point que le problème du commencement du temps n'est nullement résolu par l'un ou l'autre des discours précités, à savoir le discours scientifique ou le discours religieux. Le discours métaphysique peut-il en dire quelque chose? C'est à cette question que nos billets prochains tenteront de répondre.