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301. LE BESOIN EST-IL NATUREL OU CULTUREL?

Publié le 08/06/2012 à 07:33 par cafenetphilosophie Tags : histoire chez homme monde vie roman société nature animaux soi divers sommaire cadre pensée animal extrait france

Extrait du "Cours de philosophie" d'Albert Mendiri aux éditions Scripta, chap.V "L'homme est un être de désir", pp.90-91.

 

Quel que soit le jugement porté sur les théories de Freud, (cf.billet N°295) ces dernières conservent le mérite de souligner l’importance du désir chez l’homme. Le désir devient une dimension essentielle de l’humanité, dimension à même de rendre compte de tous ses comportements et d’éclairer son destin singulier, destin qui l’amène à fonder une culture et à certains égards à l’éloigner des caractéristiques habituelles de la nature.

Mais quelle est l’originalité du désir ? Qu’est-ce qui en fait par excellence un signe d’humanité ? En quoi se distingue-t-il du simple besoin, alors même que le langage courant utilise souvent ces deux termes quasiment l’un pour l’autre ? Nous dirons par exemple que nous avons faim ou bien que nous désirons manger et si ces deux emplois enferment une petite différence, - le premier exprimant un besoin, le second une demande polie- la plupart du temps nous n’en sommes guère conscients. Or, c’est précisément la tâche de la philosophie d’attribuer à des réalités différentes des termes différents, bref de savoir ce que l’on dit quand on parle.

A l’image de tout être vivant, l’homme a des besoins vitaux. Nous avons eu l’occasion de remarquer que ce qui distinguait l’homme de l’animal, ce n’était pas tant l’existence de besoins que les comportements innés destinés à les satisfaire et qu’on désigne ordinairement par le terme d’instinct. Ces besoins sont donc d’abord d’origine physiologique. Nous avons besoin de nous alimenter et ce besoin, aussi longtemps qu’il n’est pas satisfait, se traduit par la sensation d’un manque, sensation qui peut devenir douloureuse si le besoin se prolonge et s’accentue.

Le besoin de s’alimenter, comme tout besoin, peut se voir ponctuellement satisfait. J’ai faim ; je mange ; je n’ai plus faim. Certes, ce besoin renaîtra quelques heures plus tard, mais dans l’immédiat il s’éteint avec la prise suffisante de nourriture. L’homme n’est pas différent en cela de l’animal. Ce qui distingue l’homme et l’animal, en-dehors de la manière de satisfaire les besoins, c’est l’étendue et la nature de ces derniers.

   En effet, les besoins chez l’homme ne se réduisent pas à la sphère physiologique, manger, boire, se reposer, exigences individuelles et le besoin sexuel, expression d’une exigence de l’espèce, même si elle est vécue au niveau de l’individu. Car non seulement ces besoins physiologiques revêtent chez l’homme des caractéristiques culturelles que nous avons déjà évoquées, mais s’y ajoutent des besoins spécifiquement culturels bien évidemment inconnus de l’animal.

Ces besoins spécifiquement humains sont divers et multiples : des besoins matériels liés à son statut culturel - besoin d’équipements, de vêtements, d’abris, de médicaments etc. qui se rappellent à nous après qu’ une catastrophe naturelle ait frappé une population donnée par exemple- ; besoins intellectuels liés à sa curiosité naturelle, à son besoin de savoir, à sa capacité d’interrogation sur le monde et lui-même ; besoins spirituels, liés à son inévitable questionnement sur le sens de la vie et du monde dans lequel il évolue ; besoins esthétiques liés à sa sensibilité à l’idée de beauté ; besoins affectifs qu’il partage avec certains animaux développés mais qui revêtent chez lui un dimension existentielle originale car liée à la conscience de soi et qui est le besoin d’être reconnu par autrui. Nous y reviendrons.

   Parmi tous ces besoins, est-il légitime de se demander s’il convient de faire le départ entre ceux qui seraient naturels et d’autres qui pourraient être qualifiés d’artificiels ? Cette question soulève à nouveau le problème de la nature humaine. Peut-on dégager des besoins conformes à cette supposée nature, les autres relevant de la culture et de ses artifices ? Nous savons déjà combien une séparation entre la nature et la culture est infondée, l’homme se présentant inextricablement comme l’association de ces deux dimensions.

Certes, la culture engendre sans cesse de nouveaux besoins. Ces derniers doivent-ils être suspectés de nous éloigner d’une nature originelle sans doute largement mythique ? Car ces nouveaux besoins sont issus de l’intelligence créatrice de l’homme et cette intelligence est elle-même naturelle. Reste l’usage que nous faisons de cette intelligence naturelle. Cela soulève un problème éthique et les valeurs qui fondent cette démarche éthique peuvent être considérées comme relevant, par essence, d’une nature morale inscrite dans le cœur et la pensée de tout homme ou bien au contraire comme d’une radicale et inévitable invention de l’humanité au cours de son histoire. Comme on le voit, la réponse ultime à la question des besoins naturels ou artificiels de l’homme relève d’une conception métaphysique de ce dernier ainsi que de l’origine et du fondement de ses valeurs.

Toujours est-il que les besoins humains s’avèrent très variés et très inégalement satisfaits au sein d’une société donnée. Les conditions réglant les possibilités de satisfaction des besoins humains est une question politique si on entend par là l’action humaine fixant les règles d’organisation de la vie collective, ses fins et les moyens pour y parvenir. La satisfaction des besoins matériels ainsi que la satisfaction de besoins tels que ceux touchant l’éducation, la santé etc. se quantifient de nos jours, font l’objet de la réflexion économique, l’économie étant cette science de l’homme qui se donne pour objet l’étude de la production des biens, de leur distribution, de leur valeur sur le plan de l’échange. Dans ce cadre, apparaît l’idée de pauvreté ou de richesse. C’est ainsi qu’en France, de nos jours, sont considérés comme pauvres, les membres de la société dont les revenus sont inférieurs à la moitié des revenus moyens de cette société. Comme on le voit, il s’agit d’une définition conventionnelle, qui n’a de sens par ailleurs qu’au sein d’une société donnée, à une époque précise, et qui, sans le dire fixe le niveau de satisfactions de certains besoins humains en fonction d’une idée implicite que l’on se fait de la dignité humaine, de la croyance ou non dans l’égalité des êtres humains et dans la nécessité plus ou moins affirmée d’en tenir compte. En revanche, l’indigence ou situation de privation de biens mettant en cause la survie est sans doute, pour cette raison, une notion plus naturelle que culturelle.