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Rubrique "Art et métaphysique". Suite du billet N°2927.
Extrait de Philosophie pour tous, A.Mendiri, Connaissances et Savoirs ou Amazon Tome II
Prochain billet demain jeudi 04 avril
Les chefs-d’œuvre artistiques soulèvent, avions-nous dit, deux problèmes métaphysiques majeurs. Le premier concernait la possibilité de communiquer avec les civilisations passées par la médiation des œuvres d'art. Ce constat nous avait amené à supposer qu'au-delà de leur inévitable double spécificité, celle de leur époque et au sein de leur époque celle de leur auteur, ces œuvres exprimaient quelque chose d'universel de la condition humaine, universalité qui pouvait parler à toutes les époques et autoriser les projections sur les œuvres en question des préoccupations singulières de notre époque. Nous évoquions l'idée de condition humaine et non de nature humaine dans la mesure où cette dernière notion n'avait aucun sens d'un strict point de vue biologique, faute d'instincts, et restait un sujet de débat et de controverse sur un plan moral, sur le plan d'un idéal transcendant hypothétique pouvant définir de manière normative ce qui doit être considéré comme "humain" ou "inhumain".
La qualité reconnue universellement des chefs-d’œuvre du passé soulève un second problème métaphysique, à savoir celui de l'origine, du fondement, de l'objectivité éventuelle de l'idée de qualité et au-delà de celle de beauté. Que la qualité s'impose dans tous les domaines et donc dans celui de lacréationartistique est un constat qui ne nous semble pas pouvoir être contesté sérieusement. Nous avons déjà évoqué cette question et nous n'y reviendrons pas dessus au cours de ce billet. Mais là n'est pas le problème fondamental sur le plan métaphysique. Comme toujours, l'interrogation philosophique ne se contente pas de telles évidences apparentes. Elle se doit d'être beaucoup plus radicale et elle ne doit pas s'arrêter en chemin.
Si l'étonnement, comme le soutenait Aristote avec beaucoup de pertinence, est le point de départ de la réflexion philosophique, alors nous devons nous étonner de la présence au sein de l'Etre, entendu ici comme l'ensemble de ce qui est, sans distinguer entre ce qui apparaît et ce qui est vraiment au-delà des apparences, de ce que nous appelons ordinairement la beauté.
Cette notion de beauté appelle à nos yeux deux observations préalables: en premier lieu il semble que seul l'homme soit conscient de cette beauté et puisse la produire en créant des œuvres d'art, même si, comme nous allons le voir, la beauté apparente des formes joue un rôle incontestable au sein même de la nature; en second lieu, de même qu'il est légitime de s'étonner et de s'interroger sur la présence de quelque chose, sur l'existence de quelque chose plutôt que rien comme le faisait Leibniz (XVII° siècle), de même est-il légitime de s'étonner sur la présence de la beauté des formes ou des manifestations de l'Etre. Car, au même titre d'ailleurs que pour les sensations de plaisir (et donc corollairement de douleur), il est parfaitement concevable du point de vue de l'intelligence examinant les possibles, que l'Etre soit tel qu'il n'y ait ni sensation de plaisir ni beauté des apparences.
En effet, d'un point de vue strictement "fonctionnel", la survie, par exemple, des êtres vivants pourrait être parfaitement assurée sans les sensations de plaisir et de douleur, mais uniquement par des indicateurs mécaniques, par des forces internes qui pousseraient mécaniquement les êtres concernés à se nourrir, à fuir les dangers, à se reproduire sans que plaisir ou beauté ne soient indispensables pour cela. De ce point de vue, plaisir et beauté incarnent sur un plan ontologique des manifestations totalement gratuites, si nous entendons par là des modes d'existence non indispensables afin que l'organisation de la réalité ou la persévération dans l'Etre des êtres vivants ne puissent être assurées. Ce constat nous conduit à renouer avec l'interrogation de St Augustin qui opposait à ceux qui se demandaient "s'il y a unDieu, pourquoi le mal?" alors s'il n'y en a pas "pourquoi le bien?", si on entend par "bien" une forme de plénitude d'existence et par "mal" l'absence de plénitude, de sens, de "Logos" diraient les Grecs. Comme on peut le constater, la présence de la beauté ou du plaisir ne sont pas de simples évidences qui relèvent du "normal", qui ne soulève aucun problème, excepté pour les philosophes qui coupent les cheveux en quatre.
La beauté des formes soulève un autre problème métaphysique : comment se fait-il que les formes auxquelles est sensible le monde animal et qui jouent un rôle considérable en vue du rapprochement entre les femelles et les mâles lors de la reproduction peuvent-elles être reconnues également comme belles par l'espèce humaine alors même que nous sommes confrontés à des types de perception et donc de reconnaissance de formes propres aux espèces concernées ?
Cela nous donnera l'occasion de prolonger et d'approfondir ces considérations touchant à ce qui relève des questions parmi les plus fondamentales de l'interrogation métaphysique.
A.Mendiri