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08.02.2026
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Rubrique "Les sources de la morale".
Extrait de Philosophie pour tous, A.Mendiri, Connaissances et Savoirs
Prochain billet demain mercredi 16 mai.
Nous inaugurons ce jour une série de billets à propos des sources possibles de la morale, c’est-à-dire de ce type d’action humaine consistant à agir en obéissant à certains principes et à respecter certaines valeurs, si on entend par « valeurs » ce qui a de l’importance aux yeux de la conscience humaine et qui mérite que les hommes leur sacrifient des intérêts individuels et immédiats. Nous avons retenu à cet effet trois extraits définissant des orientations philosophiques fort différentes en la matière. Il s’agit en premier lieu d’un texte de Kant (XVIII° siècle) extrait des « Fondements de a métaphysique des mœurs », qui énonce les grandes lignes de la morale rationaliste, celle-ci reprenant à son compte les exigences du christianisme mais en tentant de les fonder ou de les justifier sur la raison. Voici la teneur de ce premier passage :
« Tout homme a le droit de prétendre au respect de ses semblables et réciproquement il est obligé au respect envers chacun d’entre eux.
L’humanité elle-même est une dignité ; en effet l’homme ne peut jamais être utilisé simplement comme moyen par aucun homme (ni par un autre, ni même par lui-même), mais toujours en même temps aussi comme une fin, et c’et en ceci précisément que consiste sa dignité (la personnalité) grâce à laquelle il s’élève au-dessus des autres êtres du monde, qui ne sont point des hommes et peuvent lui servir d’instruments, c’est-à-dire au-dessus de toutes les choses. Tout de même qu’il ne peut s’aliéner lui-même pour aucun prix (ce qui contredirait le devoir de l’estime de soi), de même il ne peut agir contrairement à la nécessaire estime de soi que d’autres se portent à eux-mêmes en tant qu’hommes, c’est-à-dire qu’il est obligé de reconnaître pratiquement la dignité de l’humanité en tout autre homme ; et par conséquent sur lui repose un devoir qui se rapporte au respect qui doit être témoigné à tout autre homme. »
Le second passage que nous soumettons à l’examen de nos lecteurs est un texte de Stuart Mill (XIX °siècle) tiré de « L’Utilitarisme » au cours duquel celui-ci met en avant des principes de vie qui sont fondés non pas sur l’idée de devoir ou de respect de valeurs supérieures mais sur l’idée que notre action individuelle guidée par la recherche du bonheur personnel doit également prendre en compte le bonheur des autres :
« La doctrine qui donne comme fondement à la morale l’utilité ou le principe du plus grand bonheur, affirme que les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur. Par « bonheur » on entend le plaisir et l’absence de douleur ; par « malheur », la douleur et la privation de plaisir. Pour donner une vue claire de la règle morale posée par la doctrine, de plus amples développements sont nécessaires ; il s’agit de savoir, en particulier, quel est, pour l’utilitarisme, le contenu des idées de douleur et de plaisir, et dans quelle mesure le débat sur cette question reste ouvert. Mais ces explications supplémentaires n’affectent en aucune façon la conception de la vie sur laquelle est fondée cette théorie de la moralité, à savoir que le plaisir et l’absence de douleur sont les seules choses désirables comme fins, et que toutes les choses désirables (qui sont aussi nombreuses dans le système utilitariste que dans tout autre) sont désirables, soit pour le plaisir qu’elles donnent elles-mêmes, soit comme des moyens de procurer le plaisir et d’éviter la douleur. »
Enfin, ces propositions demeureraient trop incomplètes si nous n’abordions pas les analyses très célèbres de Nietzsche dans la « Généalogie de la morale » où celui-ci tente de débusquer les besoins qui se cachent derrière le souci moral, réduisant la valeur de la morale à la valeur des besoins qui lui donnent naissance :
« Nous avons besoin d’une critique des valeurs morales et la valeur de ces valeurs doit tout d’abord être mise en question - et, pour cela, il est de toute nécessité de connaître les conditions et les circonstances de leur naissance, ce dans quoi elles se sont développées et déformées (la morale en tant que conséquence, symptôme, masque, tartuferie, maladie ou malentendu ; mas aussi la morale en tant que cause, remède, stimulant, entrave ou poison), connaissance telle qu’il n’y a pas encore eu de pareille jusqu’à présent, telle qu’on ne la recherchait même pas. On tenait la valeur de ces « valeurs » pour donnée, réelle, au-delà de toute mise en question ; et c’est sans le moindre doute et la moindre hésitation que l’on a, jusqu’à présent, attribué au « bon » une valeur supérieure à celle du « méchant », supérieure au sens du progrès, de l’utilité, de la prospérité pour ce qui regarde le développement de l’homme en général (sans oublier l’avenir de l’homme). Comment ? Que serait-ce si le contraire était vrai ? Si, dans l’homme « bon », il y avait un symptôme de régression, quelque chose comme un danger, une séduction, un poison, un narcotique qui ferait peut-être vivre le présent aux dépens de l’avenir, d’une façon plus agréable, plus inoffensive, peut-être, mais aussi dans un style plus mesquin, plus bas ? En sorte que, si le plus haut degré de puissance et de splendeur du type d’homme, possible en lui-même, n’a jamais été atteint, la faute en serait précisément à la morale ! En sorte que, entre tous les dangers, la morale serait le danger par excellence. »
Tels sont les trois extraits à partir des quels nous mènerons une étude sur la question morale.
A.Mendiri