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2249 VALEURS MORALES ET CLASSES SOCIALES

Publié le 09/12/2017 à 05:59 par cafenetphilosophie Tags : éléments vie moi monde fond société travail sur pouvoir extrait

 

 

 

Rubrique "Cours: la question morale". Suite du billet N°2242.


Extrait de Cours de philosophie, A.Mendiri, Connaissances et Savoirs.

 

 

Prochain billet demain dimanche 10 décembre (Libres commentaires liturgiques)

 

 

 

                       

 

   La morale est-elle l’expression d’une idéologie, des   intérêts d’une classe dominante ? Pour bien comprendre les conceptions de Marx et de son collaborateur Engels, il faut rappeler les grands axes de leur conception du développement de l’histoire humaine. Depuis les origines, l’humanité, les sociétés humaines connaissent une pénurie relative de biens. Autrement dit, les sociétés sont dans l’incapacité de produire suffisamment de biens pour satisfaire les besoins de l’ensemble de la population.

 

 

 

Cela entraîne donc une lutte au sein de ces sociétés afin de s’approprier le maximum de biens. C’est ainsi que la propriété des moyens de production, comme les terres et les usines dans les sociétés récentes, n’appartiennent qu’à quelques-uns. La société se voit alors divisée en classes sociales rivales, dont les deux plus importantes s’avèrent être d’un côté les propriétaires des moyens de production et de l’autre les prolétaires, c’est-à-dire étymologiquement ceux qui ne disposent que de leur force de travail.

 

 

 

Cette lutte est inévitable et féconde. Elle est inévitable aussi longtemps que les sociétés ne seront pas parvenues à la « société d’abondance », c’est-à-dire une société où les biens seront produits dans une telle quantité qu’ils pourront être distribués en fonction des besoins, mettant ainsi fin à la société de pénurie. Elle est féconde, car la classe sociale dominante tente de maintenir et d’accroître ses avantages pendant que la classe prolétaire lutte pour réduire les inégalités dont elle est victime.

 

 

 

Cette lutte amène les sociétés à inventer des procédés de production de plus en plus performants et de temps à autre les tensions au sein de la société atteignent un point de rupture avec les révolutions périodiques que cela implique, notamment par l’instauration d’un ordre social différent.

 

 

 

Mais ce qui nous intéresse dans l’immédiat, ce sont les conséquences que ce développement historique entraîne sur le plan moral. Fidèles à leurs conceptions matérialistes, Marx et Engels proclament que les besoins de ces sociétés engendrent des idées et notamment des idées morales. Autrement dit, chaque classe sociale développera des idées morales différentes. Dites-moi comment vous vivez et je vous dirai ce que vous pensez et ce à quoi vous êtes attaché. Cependant, la classe sociale dominante, celle qui possède le pouvoir économique et donc le pouvoir politique mais aussi le pouvoir culturel, c’est-à-dire le pouvoir de produire des idées, verra ses conceptions prévaloir sur l’ensemble de la société.

 

 

 

En somme, les idées morales de la classe dominante s’imposeront à tous, et que ce soient les membres de cette classe ou les membres des autres classes, tous seront persuadés de la valeur intrinsèque de ces idées. Or, ces idées, de manière inconsciente, c’est-à-dire cachée aux membres de la société, remplissent une fonction, à savoir légitimer et maintenir l’ordre social en place. C’est en ce sens que ces idées relèvent de ce qu’on appelle une idéologie, autrement dit un système d’idées qui répond à des besoins précis et non à un souci de vérité.

 

 

 

Dans cette perspective, pour que l’idée de valeurs universelles soit fondée, ne soit pas illusoire, il faudra attendre la société d’abondance à l’horizon de l’histoire, société qui ne connaîtra plus la division en classes sociales rivales. Voilà ce qu’écrit dans « Anti-Dühring » Engels à ce propos :

 

 

 

« Lorsque nous voyons que les trois classes de la société moderne, l’aristocratie féodale, la bourgeoisie et le prolétariat, ont chacune leur propre morale, nous n’en pouvons tirer qu’une conclusion, c’est que, consciemment ou inconsciemment, les hommes puisent en dernière instance leurs idées morales dans les conditions matérielles sur lesquelles repose la situation de leur classe, dans les conditions économiques de leur production et de leurs échanges.

 

 

 

Il y a cependant bien des  éléments  communs à ces trois théories morales : ne serait-ce pas là un fragment de la morale fixée une fois pour toutes ? Ces théories morales représentent trois stades différents d’une même évolution historique, elles ont donc un fond historique commun et, par suite, nécessairement, beaucoup d’éléments communs. Bien plus, à des stades identiques ou approximativement identiques de l’évolution économique doivent correspondre des théories morales qui nécessairement concordent plus ou moins. A partir du moment où s’était développée la propriété privée des objets mobiliers, il fallait bien que toutes les sociétés où cette propriété prévalait eussent en commun le commandement moral : Tu ne voleras pas. Mais ce commandement devient-il pour cela un commandement moral éternel ? En aucune façon. Dans une société où il n’y a plus de motifs pour voler, où, à la longue, les vols ne peuvent donc être commis que par des fous, comme on rirait du prédicateur qui voudrait proclamer solennellement cette vérité éternelle : Tu ne voleras pas !

 

 

 

En conséquence, nous repoussons toute prétention de nous imposer un système quelconque de morale dogmatique comme loi morale éternelle, définitive, désormais immuable, sous prétexte que le monde moral a lui aussi ses principes permanents, supérieurs à l’histoire et aux diversités ethniques. Nous affirmons, au contraire, que toute théorie morale a été jusqu’ici le produit, en dernière analyse, de l’état économique de la société. Et comme la société de son temps a toujours évolué jusqu’ici dans des antagonismes de classes, la morale a toujours été une morale de classe : ou bien elle a justifié la domination et les intérêts de la classe dominante, ou bien elle a représenté, dès que la classe opprimée devenait assez puissante, la révolte contre cette domination et les intérêts d’avenir des opprimés. Qu’ainsi, dans l’ensemble, il se soit réalisé un progrès pour la morale comme pour les autres branches de la connaissance humaine, il n’y a pas lieu d’en douter. Mais nous n’avons pas encore dépassé la morale de classe. Une morale réellement humaine, supérieure aux antagonismes de classes et à leurs survivances, ne sera possible que dans une société qui aura, non seulement dépassé, mais encore oublié dans la pratique de la vie l’opposition des classes ». 

A.Mendiri