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Dernière mise à jour : 29.01.2026
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1812 VERTUS, DIFFICULTES ET ORIGINALITE DE LA FOI

Publié le 02/10/2016 à 07:59 par cafenetphilosophie Tags : vie moi monde roman amour mort mode annonce dieu nature livre gratuit

 

 

Rubrique "Libres commentaires liturgiques"

 

Prochain billet demain lundi 03 octobre.

 

 

 

 

TEXTES :

 

 

 

Livre d’Habakuk (1,2-3; 2,2-4)

 


Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? Crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Alors le Seigneur me répondit : Tu vas mettre par écrit une vision, clairement, sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Car c'est encore une vision pour le temps fixé ; elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard. Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité.

 

 

 

Lettre de St Paul à Timothée (Tm 1,6-8.13-1)4

 


Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de pondération. N'aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l'annonce de l'Évangile. Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m'as entendu prononcer dans la foi et dans l'amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l'aide de l'Esprit Saint qui habite en nous.

 

 

 

Evangile selon St Luc (Lc 17,5-10)

 


Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l'arbre que voici : "Déracine-toi et va te planter dans la mer", et il vous aurait obéi. « Lequel d'entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : "Viens vite prendre place à table" ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : "Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour" ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : "Nous sommes de simples serviteurs : nous n'avons fait que notre devoir." »

 

COMMENTAIRE :

 

Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ?... Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ?... Une vision pour le temps fixé … le juste vivra par sa fidélité. (Livre d’Habakuk) ; « Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l'aide de l'Esprit Saint qui habite en nous » (St Paul) ; « quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : "Nous sommes de simples serviteurs : nous n'avons fait que notre devoir." » (St Luc).

 

   Contrairement à ce que nombre de personnes proclament volontiers, la foi est une démarche non de facilité, de consolation mais une démarche difficile et à certains égards méritoire. Comme nous le rappelons régulièrement, St Paul a raison d’affirmer que « c’est folie de croire ». En effet le bon sens, l’expérience ordinaire et constante de la vie, le spectacle offert par la nature et l’histoire des hommes sans compter les aléas de nos vies individuelles, tout concourt à conclure que le « Mal », c’est-à-dire ce qui remet en cause notre attachement à la vie et lui donne un sens, non seulement existe à profusion mais a le dernier mot, la mort demeurant notre seule certitude empirique même si nous n’en connaissons ni le jour, ni l’heure, ni les circonstances.

 

  Les lecteurs de la Bible connaissent les cris de désespoir de Job face au « Mal » et là encore le « Mal » qui y est dénoncé de manière virulente est-il l’inspirateur principal de l’athéisme. Certes, il est toujours possible et légitime d’opposer à l’existence du « Mal » l’existence tout aussi énigmatique de ce que nous appelons le « Bien », à savoir l’ordre du monde, les beautés naturelles, esthétiques ou morales, les plaisirs ou satisfactions de toutes sortes que nous pouvons éprouver et qui donnent tout son sel et son intérêt à la vie. Manifestement, comme le diraient les philosophes rationalistes Grecs, il y a au sein de l’Etre, au sein de ce qui est vraiment au-delà des apparences, du « Logos » ou du sens. Une réflexion critique bien menée, rigoureuse, vigilante à ne pas céder aux leçons des simples émotions aboutit tout naturellement à une telle conclusion. Mais le sens ou le « Logos » dont il s’agit ne laisse néanmoins aucun espoir concernant la victoire inévitable du « Mal » ou du non-sens ou de l’absurde au sein de nos vies individuelles, au sein de la nature avec ses désordres manifestes ou bien encore au sein de l’histoire des hommes avec son fouillis d’évènements inspirés par les passions, les désirs déréglés, les excès et les dérives de toutes sortes.

 

  Mais comment rendre compte rationnellement de ce « Mal » ? Autrement dit, comment trouver une raison d’être ou un sens en quelque sorte à ce non-sens ? La réponse s’avère aisée. Le « Mal » est la conséquence de la finitude de notre monde et des êtres qui le composent. Certes le sens ou le « Logos » est à la source et au fondement ultime de tout ce qui fait sens au sein de ce monde, mais le statut de la finitude introduit toutes les limites inévitables, essentielles, autrement dit liées à l’essence, à la nature profonde de cette finitude. Constater que la finitude est imparfaite et connaît des limites nécessaires tant en ce qui concerne l’ordre qui est le sien, les lois qui la gouvernent, le déploiement temporel de ses diverses manifestations, relève du même type d’évidence que d’affirmer qu’un carré, par essence ou par définition, possède quatre côtés égaux. Les rationalistes qui proclament l’existence du sens savent très bien que la pureté de ce sens transcende ou dépasse le monde de la finitude, appartient à un monde qui ne connaît aucune limite, à un monde éternel, c’est-à-dire à un monde non pas seulement sans commencement ni fin, mais à un monde étranger à la temporalité.

 

   Les rédacteurs de la Bible, au cours des deux millénaires qui ont inspiré ces textes, le savent bien. Ils prétendent que le sens qu’ils se sont dévoilés n’est pas celui du bon sens ou de la seule raison, mais celui du « cœur », dans l’acception bien particulière d’une intuition qui transcende les leçons de la seule raison et qui nous mettrait directement en contact avec la source indicible et irreprésentable de ce sens ultime des choses et que nous désignons d’ordinaire comme étant « Dieu ».

 

  Cette capacité hypothétique que nous posséderions en nous et qu’il convient d’actualiser ou de rendre présente ou effective est appelé l’ « Esprit ». C’est à cette faculté que fait référence St Paul et c’est cette dernière qui est la source de ce mode de connaissance particulier et spécifique que nous appelons la « foi ». La foi n’est en rien une simple croyance comme la confiance que nous accordons par exemple à une personne ou à la venue probable de tel ou tel évènement, mais une démarche intérieure, une expérience spirituelle qui dévoilerait le sens ultime de ce qui est et du destin de cette finitude et des êtres qui la composent. La croyance ne concerne que l’interprétation donnée à cette expérience intérieure et qui, à ce titre, est peut-être source d’illusions.

 

 Quelle est l’idée clef de cette foi ? C’est celle consistant à proclamer ou à se dévoiler que la finitude n’est pas condamnée à rester enfermée dans ses étroites et apparemment nécessaires limites. La finitude est appelée à dépasser ses horizons ou ses frontières. Cela est rendu ontologiquement possible précisément parce que Dieu s’est librement et gratuitement incarné, s’est fait finitude tout en conservant sa plénitude afin que la finitude puisse accéder à une nouvelle forme de plénitude, à savoir la plénitude sur le mode de la finitude.

 

 Cette nouvelle forme de plénitude est bien entendu conforme à l’essence même de la plénitude, autrement dit est, selon St Jean, par essence « Amour », amour-agapè, amour gratuit, amour qui n’attend aucune contrepartie afin de se manifester. Dès lors, si nous désirons accéder à cette plénitude, en connaissons-nous le chemin. Et si nous faisons cela, si nous empruntons ce chemin, nous n’avons aucune gloire à en tirer, aucun mérite à avancer, « nous n’avons fait que notre devoir ».

A. Mendiri