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08.02.2026
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Rubrique "La question des valeurs". Suite du billet N°1209.
Extrait de l'ovrage "Philosophie pour tous"Tome II, A. Mendiri, Edilivre.
Prochain billet demain 12 février.
Toute société humaine est régie par des règles coutumières ou écrites que par généralisation on peut dénommer le droit positif, autrement dit le droit existant. Ces règles ont pour fonction de faire en sorte qu'une société soit organisée, que le partage social de tâches puisse s'effectuer et aboutir à des échanges de services et de biens. De plus, la plupart du temps ces règles fixent des objectifs collectifs à la société en question, activité qui relève spécifiquement de l'activité politique.
Mais à vrai dire, la politique apparaît au fur et mesure que les membres de la sociétégagnent une forme d'autonomie individuelle, que se constitue une sphère privée se distinguant précisément de la sphère publique ou politique. Cette distinction ou cette séparation entre sphère publique et sphère privée s'avère relativement tardive au cours de l'histoire humaine et sans doute se développe timidement à partir de l'instauration des premières cités il y a 6 à 7000 ans et donc à partir du passage de l'état nomade à l'état sédentaire.
Jusque- là, les règles sociales ont à la fois des buts fonctionnels mais traduisent également des valeurs. Celles-ci n'ont rien de profane mais sont directement inspirées par la conception du monde qui scande la vie sociale et qui est de nature religieuse.
Dès lors, les règles de fonctionnement des sociétés, le système d'interdits et de prescriptions qui structurent la vie sociale sont très divers et tiennent compte à la fois des besoins de ces sociétés, de leur environnement naturel et des croyances religieuses développées. Or, ces croyances religieuses, c'est-à-dire les interrogations, la révélation et les expériences à propos de la transcendance se forment, comme toujours et nécessairement, de manière humaine et donc en fonction de tous ces aspects culturels spécifiques.
Ce constat conduit certains interprètes un peu rapides et peu critiques à considérer que la transcendance est une invention humaine, tributaire des besoins de ces populations, en particulier de leurs besoins matériels. Telle est la vulgate commune du matérialisme lorsque ce dernier est peu élaboré sur le plan intellectuel. Dans ce cas, le matérialisme en question en conclut que les conceptions du divin, de la transcendance et les valeurs qui en découlent sont les simples résultantes des besoins en question.
Cette analyse se heurte, à nos yeux, à deux limites, voire à deux méconnaissances. Il va de soi que la révélation de la transcendance, les formulations pour l'exprimer sont de l'ordre de l'humain ou d'exigences relevant des limites d'un monde relatif. Evoquer l'absolu échappe aux capacités d'un langage relatif et conduit donc à exprimer de manière relative ou humaine des réalités qui dépassent, qui transcendent ce monde relatif. Tout discours religieux, hormis peut-être la théologie négative, la théologie qui se contente d'énoncer ce que n'est pas cet absolu, est de nature anthropomorphique, c'est-à-dire conçoit de manière humaine ce qui n'est pas de l'ordre de l'humain.
L'anthropomorphisme est donc une nécessité et n'est nullement le témoignage de l'inconsistance de l'objet des expériences de la transcendance. Il en va de même d'ailleurs concernant l'origine des valeurs, de ce qu'on appelle schématiquement la conscience du Bien et du Mal.
En effet, ceux qui, comme Nietzsche, proclament qu'il convient de débusquer la valeur des valeurs, de dévoiler en quoi ces valeurs expriment des besoins, affectifs, intellectuels, matériels ont tendance à assimiler sans le dire le problème de l'origine des valeurs avec la valeur de l'origine.
Expliquons-nous. Les idées du Bien, du Mal, de Dieu ont pour fonction de répondre à ces besoins. On peut montrer quelles nécessités historiques les ont amenées à l'existence. Elles n’ont donc pas plus de valeur que la valeur de ces besoins. C'est parce que l'idée de Dieu est consolante qu'elle est vraie ou considérée comme telle.
Or, même si cette conclusion est peut-être pertinente dans l'absolu, elle n'a que l'apparence de l'évidence et masque un postulat non-dit. Par exemple, les Egyptiens de la haute Egypte ont découvert empiriquement, c'est-à-dire par essais et erreurs d'ordre pratique, des propriétés mathématiques afin de redécouper facilement leurs terres suite aux crues fréquentes du Nil. Les besoins qui ont conduit à la découverte de ces propriétés mathématiques sont donc clairement identifiables. Il va de soi que leur vérité mathématique n'a aucun lien avec de tels besoins. Ce qui est vrai pour les mathématiques, à savoir la dissociation entre les conditions qui ont amené la découverte d'une vérité et la valeur de cette vérité, pourquoi cela ne le serait-il pas pour les valeurs morales ou pour la valeur des expériences religieuses?
Il conviendra donc d'examiner de plus près cette dernière hypothèse et de s'interroger pour savoir si les valeurs dévoilées par les hommes sont aussi relatives que l'on a tendance à le croire spontanément.
A. Mendiri